Monthly Archives

avril 2018

Pourquoi est-ce que je travaille ?

By | Publications | One Comment

Pour tous ceux et toutes celles engagés dans la vie professionnelle, les journées sont remplies de travail. Il y a toujours des tâches à accomplir, des choses à faire, des targets à atteindre, des réunions à préparer, des rapports à soumettre… Et parfois ceci dure depuis des années. Le rythme semble ne pas s’estomper. Par contre, on peut avoir l’impression que plus le temps passe, plus on a des choses à faire. Plus on gravit d’échelons, plus les responsabilités s’accumulent et parfois deviennent pesantes ou stressantes. Dans ce monde devenu un village planétaire, les choses vont à une vitesse frénétique. Même si on ne travaille pas dans une entreprise multinationale, les paramètres (macro)économiques sont devenus si interconnectés que ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez vous peut vous affecter sans que vous n’ayez eu le temps de le réaliser. Tenez par exemple, quelqu’un quelque part dans un pays lointain peut développer une application qui met en péril l’existence même de votre métier, ou de votre entreprise. Dans une situation de ce genre, non seulement il y a toujours beaucoup à faire, avec la pression que vous imposent votre employeur et la concurrence, mais il y a ce qu’on peut qualifier d’insécurité professionnelle ou précarité du travail qui vous guète. Cette dernière pouvant relever d’une cause prochaine ou lointaine.

Mais, il ne s’agit pas ici de voir les choses sous un angle péjoratif ! Du tout ! Le travail est une bénédiction pour l’homme, le travail ennoblit l’homme, le travail apporte l’indépendance, surtout financière ; le travail est le trésor le plus précieux de l’homme. Chaque fois que l’on parle du taux de chômage, c’est un rappel qu’il y a des gens qui continuent à en chercher et que vous êtes bénis d’en avoir un. En effet, avoir un travail permet de contribuer au bien-être personnel et collectif. En travaillant, on se sent utile et estimé. Le salaire que l’on en reçoit est une forme de reconnaissance de ce que vous faites et une récompense pour l’effort fourni et le progrès qui s’en suit.

Cependant, pour quelque chose qui occupe autant de place dans notre vie, il est souhaitable d’en cerner les contours pour ne pas s’y donner vaille que vaille. En effet, pour tout ce que nous faisons, comprendre pourquoi nous le faisons et comment nous le faisons peut s’avérer plus important que la chose elle-même. Il est dit que lorsque le but d’une chose est ignoré, son abus est inévitable. Ces abus peuvent se manifester sous forme de pépins de santé, de dépressions, de perte d’intérêts. Notre conception du travail détermine la manière dont nous nous y engageons, et le rendement que nous en obtenons.

 

Le travail n’est pas d’abord un gagne-pain

Avoir de quoi vivre, payer les factures (loyer, eau et électricité), assurer la scolarité des enfants, pourvoir à ses propres besoins et à ceux de ceux qui dépendent de nous, … voilà autant de raisons qui font quitter plusieurs de leur lit le matin et les mettent sur la route du travail, ou de la recherche du travail. Il est vrai que par notre travail, nous pouvons arriver à couvrir toutes ces charges qui nous incombent. Mais le travail vaut beaucoup plus. Subvenir à nos besoins est seulement une conséquence du travail, mais il n’en est pas l’essence. Le but du travail c’est d’abord l’ennoblissement, l’épanouissement de l’homme.

C’est cette peur de ne pas pouvoir être en mesure de subvenir à ces besoins vitaux qui poussent les gens à accepter n’importe quel boulot, même si celui-ci ne leur apporte aucune satisfaction personnelle. Mais ceci ne devrait aucunement constituer la motivation à travailler.

 

Notre travail ne définit pas notre identité

Qui nous sommes détermine ce que nous faisons, mais ce que nous faisons ne définit pas nécessairement ce que nous sommes. S’il y a un piège dans lequel on tombe souvent, c’est celui de fusionner notre personne avec notre travail. Ceci se manifeste surtout chez ceux qui ont exécuté le même métier pendant de longues années ou décennies. Au quotidien, vous entendez les gens se présenter comme suit : « Je m’appelle Docteur Tel, Ingénieur Tel, Pasteur Tel, … ». D’autres ne se font même plus appeler par leurs noms, mais par leurs fonctions : Conseiller, Maître, DG, Boss… Même s’il y a des métiers auxquels on est lié à vie, l’idée ici c’est de pousser à rechercher la nouveauté, à s’adapter et à saisir les occasions nombreuses qui s’offrent avec les évolutions techniques et technologiques. A ne pas s’enfermer et s’interdire d’évoluer.

Le risque de fusionner sa personne et son travail se manifeste par exemple lorsqu’il faut changer de métier, ou quitter un poste qu’on a occupé longtemps et qui est devenu une sorte de seconde nature. Je pense qu’il est bien de temps en temps de changer de vie. Dans certains pays, les gens peuvent exercer jusqu’à trois ou quatre métiers durant leurs vies actives, se découvrant ainsi chaque fois de nouvelles facettes et capacités. On appelle cela la mobilité professionnelle. La mobilité professionnelle offre d’énormes avantages sur le plan individuel. Elle permet d’accéder à de nouvelles compétences et offre de nombreuses opportunités professionnelles. Elle ouvre également les portes sur de nouveaux environnements de travail, une nouvelle culture et parfois une nouvelle langue.  C’est un gage de la remise en question et de la capacité à se rendre toujours utile quelque soient les changements intervenus entretemps.

 

La performance au travail ne détermine pas notre valeur

La tentation est souvent très forte. Ailleurs elle a amené même à des excès. On pense que plus on fait, plus on se sentira bien, ou on impressionnera le patron, et on tombe quelquefois dans l’autre excès de se croire indispensable au point de penser qu’il n’y a personne d’autre qui peut le faire ; on est bien obligé(e) de le faire.

Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, beaucoup de travailleurs ou entrepreneurs laissent le souci d’une meilleure performance au travail leur voler leur bonheur et leur équilibre personnels. Mais il est important de savoir faire la part des choses. Nous ne sommes pas meilleurs parce que nous avons donné de bons résultats, parfois au détriment de notre santé, vie familiale, bien-être intérieur… Si nous pensons nous sentir bien parce que nous avons eu une bonne prestation professionnelle, l’inverse aussi sera vrai : nous nous sentirons mal, coupables, déprimés… lorsque les choses iront mal. Dans le célèbre poème « Tu seras un homme, mon fils », Rudyard Kipling nous exhorte à savoir regarder et la réussite et l’échec avec détachement.

 

Busyness is not business

Le nombre d’heures alignées au travail n’est pas nécessairement synonyme d’un travail bien fait. On peut bien s’activer pendant longtemps sans vraiment avoir des résultats à démontrer. S’il y a quelque chose qui nous guette au travail, et dans lequel facilement on peut tomber, c’est bien la… paresse. Un penseur a dit : « Le cerveau commence à travailler depuis le moment où on se réveille et s’arrête quand on arrive au travail ». Pourquoi cela ? Eh bien, tout simplement parce qu’on se laisse aller à la routine, à la facilité. Il n’y a plus de nouveauté, des idées fraîches, de remise en question dans ce qu’on fait.

Et la paresse dont il est ici question, c’est la paresse intellectuelle. On se refuse à réfléchir. Pourvu que l’on gagne son salaire, pourvu qu’on occupe ses journées, pourvu que l’on ait de quoi payer ses factures ! Et pourtant ! Il faut se réveiller avant d’être brusquement réveillé par le changement. En réfléchissant un peu, on peut se rendre compte que le changement s’impose. Est-ce qu’il faut améliorer ceci ou cela ? Est-ce qu’il faut envisager de chercher ailleurs ?

 

Nous célébrons cette semaine la fête internationale du Travail. Le travail en effet mérite d’être célébré, surtout quand on en a un. Par contre, ce travail ne doit pas être une dune de sable dans laquelle on plonge sa tête en faisant la politique de l’autruche, et ignorer les dynamiques internes et externes. Si le travail nous épanouit, alors nous avons besoin de voir des changements positifs liés à celui-ci. Y a-t-il de la vie dans notre travail, ou bien c’est seulement de la routine, une sorte de paresse intellectuelle, parce qu’on refuse de changer et de passer à autre chose ? Et, une façon de savoir s’il y a la vie dans quelque chose, c’est par la croissance. La croissance est la preuve qu’il y a la vie. Posons-nous la question suivante : Est-ce que notre vie professionnelle bourgeonne de vie ?

 

Bonne Fête du Travail !

 

Premiers pas dans le business

By | Publications | 2 Comments

Dans quel domaine me lancer en tant qu’entrepreneur ? Question importante et déterminante quand on veut se lancer dans n’importe quelle activité, car plusieurs personnes démarrent des activités mais ne savent plus continuer au bout de quelques mois ou quelques années seulement. Plusieurs raisons peuvent justifier la cessation des activités, mais une des causes réelles réside dans le choix de l’activité, surtout lorsqu’on est encore novice, apprenti, nouveau dans le monde de l’entrepreneuriat.

S’engager dans le business est une des choses les plus gratifiantes dans la vie. Pas nécessairement à cause des gains ou profits financiers qui peuvent en résulter, mais d’abord à cause de ce que vous devenez en tant que personne. C’est une expérience tellement enrichissante que, dans la mesure du possible, tout le monde est encouragé à le faire. En somme, nous sommes tous des hommes et femmes d’affaires, dans la vie de tous les jours ! Nous faisons des affaires journalièrement sans même nous en rendre compte. Si le business consiste à vendre des produits ou services en échange d’une contrepartie, alors chaque jour, nous y sommes impliqués dans notre train-train quotidien.

Il ne suffit pas seulement de se lancer, mais d’avoir les clés pour demeurer longtemps dans son activité. Nous allons partager ici quelques clés utiles pour savoir comment se lancer dans le monde du business et espérer y rester le plus longtemps possible.

 

Identifier ses aptitudes

Il arrive que lorsque l’on veut démarrer une activité, on choisit la voie la plus facile : on regarde parfois à ce qui s’écoule couramment sur le marché, aux produits tendance, aux créneaux les plus prometteurs. Tous ceux-ci sont effectivement des indicateurs non négligeables pour une activité naissante, mais avant cela, le paramètre le plus important se trouve être la personne de l’entrepreneur. Il importe de se tourner d’abord vers soi-même, rentrer en soi-même et faire le bilan des dons, aptitudes, dispositions et talents naturels dont on est doté chacun. Personne ne peut dire que le Créateur ne lui a donné aucune aptitude naturelle. Toutes ces choses innées, ces dons, talents et aptitudes sont justement le point de départ pour entreprendre.

L’avantage avec cette approche est que l’on peut démarrer sans presque débourser de grosses sommes en dépenses d’investissement, car on est soi-même déjà un investissement. En fonction de ce que l’on découvre en soi-même, on peut commencer son business avec une activité basée sur un talent naturel dont on dispose. Par exemple savoir coiffer, savoir rédiger des correspondances, être un bon musicien, avoir  des aptitudes pour un sport, avoir « une main » pour le maraîchage, savoir écouter les autres (oui, le don de l’écoute est une denrée dont beaucoup ont besoin dans le monde d’aujourd’hui), avoir étudié un domaine ou un métier donné, ou avoir une passion dans un domaine ou un secteur particulier…

Bref, on peut en citer par milliers ou millions selon qu’il y a des individualités. Mais la toute première chose est d’être conscient de l’aptitude,  de la capacité naturelle ou de l’atout dont on dispose, lesquels peuvent être innés (p.ex. un talent) ou acquis (p.ex. un diplôme, des compétences, une expérience). L’avantage de commencer de cette façon est que l’on peut démarrer sans avoir à mobiliser beaucoup de financements ou être bloqué par le manque de ces derniers. Ces aptitudes, dons, talents… sont le capital de démarrage, le premier apport à son entreprise et on doit apprendre à le valoriser. Une manière de se valoriser soi-même.

 

Valoriser ses atouts

Après avoir fait cette découverte du talent ou de tout ce dont on dispose, la prochaine étape consiste en le convertir en un produit commerçable. C’est ici qu’interviennent les notions de marketing et de vente. Tout ce que vous savez faire avec facilité, il y a forcément quelqu’un qui en a besoin quelque part, et qui est prêt à payer pour en bénéficier. Regardez bien, peut-être l’avez-vous offert jusque-là gratuitement à beaucoup de gens. Ceci n’est pas mal du tout, car cela peut vous servir pour vous faire connaître. Maintenant, vous pouvez commencer à le rentabiliser. Ceci peut se faire sous forme d’activité individuelle, en association, ou sous forme d’un emploi. Ah oui! Car certaines personnes ne considèrent pas l’emploi qu’ils ont comme la vente d’un service ou d’un talent auprès de leur employeur. Etre employé chez quelqu’un ne vous enlève pas votre côté entrepreneurial. Et d’ailleurs, étant conscient de cela, vous chercherez à toujours offrir votre service sous un meilleur jour, pour pouvoir obtenir une meilleure rémunération de celui-ci et pourquoi pas trouver un meilleur preneur ailleurs.

 

Se mettre en mode entreprise

Cette étape est là où beaucoup de gens échouent le plus, car ils ont du mal à dissocier leur propre personne de l’activité dans laquelle ils se sont engagés. Si vous voulez réussir et vous maintenir, vous allez apprendre à faire déjà tôt cette séparation. Tout ce que vous gagnez avec votre activité ne vous appartient pas en totalité. Surtout si vous travaillez avec d’autres personnes, cette démarcation est primordiale, (fondamentale), même si vous êtes le patron. Tout l’argent que vous gagnez n’est pas vôtre. Il y a une part pour la « boîte »  et une part pour vous ; encore faudra-t-il qu’il y en ait pour vous au début. Souvent les débuts peuvent s’avérer difficiles. S’il n’y a pas encore beaucoup d’entrées, vous devez faire preuve d’abnégation et de sacrifice pour permettre à l’entreprise de croître. C’est ici que les personnes qui ont un emploi ont un certain avantage lorsqu’elles se lancent dans l’entrepreneuriat, car elles n’ont pas besoin des ressources de leur jeune entreprise pour les dépenses quotidiennes. Notez que je l’appelle « entreprise », même si vous êtes encore seul. L’entreprise individuelle existe. C’est de cette manière qu’il faudrait voir les choses.

A ce niveau il vous sera exigé de faire des sacrifices. Vous pouvez vous fixer une rémunération, qui tient compte de la santé financière de l’entreprise, et vous en tenir pour ne pas céder au piège de la confusion de sa propre poche et de la société.

Pour y arriver, vous n’avez pas besoin de beaucoup de choses compliquées tout au début. Il vous suffit de tenir une petite comptabilité, même aussi simple qu’un carnet ou un fichier Excel où vous notez vos dépenses, vos recettes et le solde qui s’en dégage. De cette manière, vous avez un tableau de bord qui vous permet de visualiser votre activité. Vous pourrez, par exemple, ressortir les rubriques qui vous consomment le plus et trouver les moyens de les réduire. Vous pouvez aussi chercher conseil auprès des amis pour leur expertise dans d’autres domaines clés, notamment le marketing, le juridique… Nous avons toujours parmi les gens que nous connaissons des personnes qui sont disposées à nous aider avec des conseils à peu ou pas de frais pour aider notre jeune entreprise à se développer.

 

Aller progressivement

Lorsqu’il s’agit de commencer une activité, beaucoup ont la propension à s’engager dans le business sur base de grandes affaires. Si quelqu’un a des moyens disponibles, il a tendance à penser que tout business est bon pour s’y lancer. Vous verrez des gens qui lorsqu’ils pensent business, veulent déjà se lancer dans ces activités à grande envergure. Mais la réalité est qu’il est plus raisonnable de commencer par quelque chose qu’on maitrise et qu’on connait pour aller vers ce qu’on ne connait pas. Je prends souvent l’exemple des communautés étrangères qui vivent et travaillent dans nos pays pour illustrer ce propos. Il y a quelques années, ils avaient commencé comme boutiquiers. Ils tenaient des magasins et alimentations dans nos villes. En fait, ils vendaient des produits de base. Mais aujourd’hui, vous remarquerez qu’il y en a très peu qui sont restés dans ce domaine. La plupart ont migré vers des secteurs plus importants comme les finances, les banques et l’immobilier à grande envergure, et ont laissé leurs secteurs de départ à d’autres. Il y a quelques années en arrière, peut-être deux ou trois décennies tout au plus, ils étaient des propriétaires ou gestionnaires d’alimentations de gros ou détail. Certes, je ne voudrais pas simplifier à l’excès avec cet exemple, mais ceci n’est qu’une illustration de ce qui se passe quand l’on comprend que la « petite » activité dans laquelle on est engagé aujourd’hui peut, s’il on applique les principes appropriés, évoluer et se transformer à de degrés exponentiels.

Aujourd’hui, décidez de faire le pas pour la vie d’entrepreneur.  C’est une décision gratifiante sur le plan personnel que vous serez loin de regretter. Nous vous avons livré quelques clés, en espérant qu’elles vous seront utiles,, pour vous guider sur cette voie. De nos jours, il existe beaucoup de ressources disponibles desquelles vous pouvez vous inspirer et apprendre pour réussir en tant qu’entrepreneur. Bon vent !

Entrepreneuriat : Nécessité ou phénomène de mode

By | Publications | 4 Comments

De nos jours, l’entrepreneuriat est devenu un terme qui fait parler de lui. Partout dans le monde, il s’organise des conférences, des ateliers, des colloques, des séminaires, des journées de réflexion, et que sais-je encore… sur l’entrepreneuriat. Il existe même un réseau mondial d’entrepreneurs (Global Entrepreneurship Network, GEN), qui organise annuellement une grande messe de l’entrepreneuriat (Global Enterpreneurship Congress, GEC). Pour cette année 2018, la conférence qui en est à sa 10ème édition, se tient à Instanbul, en Turquie, du 16 au 19 avril. Ce congrès réunit des entrepreneurs, investisseurs, chercheurs, décideurs et autres porteurs de projets et start-ups, en provenance des quatre coins de la planète, pour identifier de nouvelles façons d’aider les promoteurs à lancer des initiatives et projets et les faire grandir (pour plus de détails, voir www.genglobal.org/gec).

Cette tendance mondiale n’a pas épargné nos pays africains. Dans nos villes d’aujourd’hui souvent marquées par le chômage, surtout celui des jeunes, ainsi que d’autres défis de la vie quotidienne, l’entrepreneuriat offre une possibilité de trouver autre chose à faire, à défaut de se trouver un emploi stable et plus ou moins bien rémunéré. Ainsi, çà et là, foisonnent des calicots ou banderoles, des affiches, annonçant la prochaine rencontre d’affaires sur l’entrepreneuriat. C’est vraiment ce que d’autres appellent la « coqueluche du moment ». Mais que peut-il bien y avoir derrière toute cette animation ? ? Est-ce simplement un autre effet de mode, une autre tendance, comme on en rencontre bien souvent par ici ? Car en effet, s’il y a quelque chose qui est bien commun dans nos villes, c’est de voir les gens s’engouffrer dans la dernière idée du moment. Dès que quelqu’un va à Dubaï, Dubaï devient la destination la plus prisée ; que quelqu’un ouvre une chaîne de radio/télé, il n’y a désormais plus de fréquences libres, car presque toutes les fréquences sont occupées ; que quelqu’un commence à importer les voitures du Japon et les revendre au pays ? Tous les commerçants se lancent dans ce nouveau débouché…

Au regard de tout ceci je réalise combien c’est une bénédiction en soi que d’avoir juste une idée. Or les nouvelles idées ne courent pas les rues. Il y a à peu près dix ans quand je me rendais en Chine pour la première fois, quelqu’un me donnait cet avertissement : « Attention à ne pas divulguer ce que tu vas acheter, car il se trouve là-bas des gens qui ont des moyens, mais sont à l’affût de nouveaux créneaux. Ils ont des moyens importants, mais n’ont aucune idée de comment les investir ni quoi en faire ! Dès qu’ils découvrent ce que tu es venu chercher, ils comprennent alors que ce produit est donc en demande au pays, et ils s’y investissent ».

 

L’entrepreneuriat : ce qu’il n’est pas ; ce qu’il est

Il y a quelques années, quand on parlait d’entrepreneurs, il ne s’agissait que des personnes et/ou organisations qui travaillent dans les domaines comme la construction et travaux publics. L’entrepreneur était défini comme une « personne qui, pour autrui, exécute ou fait exécuter des travaux de construction ou fait ou présente des soumissions, personnellement ou par personne interposée, dans le but d’exécuter, à son profit, de tels travaux. » Mais aujourd’hui, le terme a pris une toute autre tournure.

L’entrepreneuriat n’est pas de la débrouillardise.

Ce n’est pas quelque chose que l’on fait parce que l’on n’a pas trouvé du travail. J’ai entendu une fois des journalistes d’un grand média dire que ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat le font par manque de se retrouver casés quelque part dans un travail. Ceci n’est juste pas vrai. Il y a des gens qui ont renoncé à des carrières prometteuses pour se lancer à leur compte, et ont réussi avec brio. Et de toutes les façons, ne pas trouver du travail et se lancer à son compte n’est certes pas facile, et peut-être pas le premier choix pour plusieurs, mais beaucoup de gens ont remercié le ciel de ne pas avoir trouvé un travail, car sinon ils n’en seraient pas là où ce parcours entrepreneurial les a menés.

L’entrepreneuriat n’est pas une voie pour se faire de l’argent rapidement. Si vous voulez décocher le jackpot, pourquoi ne pas essayer la loterie tout de suite ? Avec un peu de chance, vous arriverez à réaliser votre rêve. Quelqu’un se dirait peut-être, je serai à mon propre compte, mon propre patron ; je ferai ce que je veux avec mon argent, avec mon temps, avec mes ressources. Mais rien n’est plus faux.

L’entrepreneuriat n’est pas une « carrière solo ».

Surtout lorsqu’ils sont du domaine informatique, on a à l’image ces entrepreneurs jeunes en blue-jeans et T-shirt à la « Zuckerberg », scotchés devant leurs ordinateurs durant des heures, à concocter des algorithmes et des applications. Bien que le travail dur et parfois solitaire soit le lot des entrepreneurs, cela n’est pas vrai tout le temps. Un entrepreneur réel connait l’importance des relations humaines et du travail en équipe, gage d’une réussite durable. Et les entrepreneurs se comptent dans toutes les catégories de personnes, des jeunes comme des vieux (oui vous avez bien lu), hommes comme femmes, sans emploi et employés (vous avez encore bien lu).

L’entrepreneuriat est avant tout une vocation.

C’est un appel intérieur pour répondre à des besoins extérieurs. Un entrepreneur regarde à son environnement, y décèle des besoins, et s’investit pour proposer les meilleures solutions. Il est conscient qu’il est doté de dons, aptitudes et potentialités dont la société a besoin pour progresser. Les entrepreneurs déploient plus d’efforts que dans la moyenne. Ils doivent à la fois avoir une vision, se fixer des objectifs et se mettre à les suivre. L’entrepreneuriat n’est souvent pas un chemin facile à parcourir. Mais la gratification qui en résulte est la meilleure des récompenses. Plus que les gains financiers, l’entrepreneur voit s’ouvrir devant lui tout un nouvel environnement qui jadis n’était qu’en lui-même enfoui.

Lorsque l’on regarde l’état de nos communautés, de nos villes, de nos pays, pour le moins que l’on puisse dire, le besoin en entrepreneurs est énorme. Nous avons besoin des gens qui créent des entreprises, et les domaines d’intervention sont multiples. Si dans les pays avancés les entrepreneurs, les PME et PMI constituent l’épine dorsale de leurs économies, à plus forte raison dans nos sociétés où beaucoup de choses sont à (re)faire !

En fonction de cela, je ne pense pas que l’on en fait déjà suffisamment pour la promotion de l’entrepreneuriat. Par nécessité ou par pur phénomène de mode, nous devons parler de l’entrepreneuriat, suffisamment et davantage pour que ceux qui en ont le potentiel et la vocation se relèvent et se révèlent, pour que les décideurs s’impliquent en créant des environnements légaux et fiscaux propices, et pour que les investisseurs se mobilisent et prennent le risque d’injecter les capitaux dans des idées et projets plus ou moins prometteurs. Ceci vaut pour que nous-mêmes aussi, en tant que citoyens, familles, amis, et associés, apprenions à apprécier, à encourager et à récompenser les efforts consentis par cette catégorie d’entre nous qui se lancent parfois dans l’inconnu, bravant la peur d’échouer, et parfois la peur de réussir (ah oui !), affrontant les multiples défis et obstacles du parcours.

L’entrepreneuriat est une voie pour nous réapproprier notre vie et notre avenir. Et c’est un chemin promis à tous.

Saisir sa (seconde) chance pour avancer

By | Publications | 6 Comments

 

C’est déjà le début du deuxième trimestre de l’année. Sans qu’on le réalise peut-être, c’est un quart de l’année qui vient de s’écouler.Il est vrai qu’en chaque début d’année, chacun de nous a l’habitude de dresser une liste de résolutions. Mais, à y regarder de plus près, la vraie question est : sommes-nous en train de les réaliser ?  Sommes-nous en train de marcher vers l’accomplissement de nos objectifs ? Je ne voudrais pas sembler être un rabat-joie ; au contraire, le but visé par ces quelques lignes est de nous encourager, nous aider à nous ressaisir pour nous remettre au travail, et espérer palper des résultats, ou au moins une évolution, au terme de ce trimestre naissant.

 

Nous débarrasser des excuses

La plupart des gens se sentent comme paralysés lorsqu’il s’agit de se lancer dans un nouveau projet, de quelque nature qu’il soit ! Est-ce démarrer une nouvelle activité, relancer une activité qui a échoué dans le passé, lancer un projet, trouver des partenaires, des clients, un boulot, obtenir une promotion ?  Ceci s’applique à tous les domaines de la vie, tant privée que professionnelle. Nous nous retrouvons comme pris au dépourvu devant l’immensité de la tâche à réaliser, les moyens à réunir, les compétences requises pour ce nouveau job ou poste, et l’énergie même à déployer pour son accomplissement. Bref, c’est un sentiment d’impuissance, d’incapacité qui frappe souvent les gens, et les privent de tout simplement voir les choses sous un autre angle.

Cependant, il y a une bonne nouvelle ! Comme les roses, qui ont aussi des épines, il y a un côté de la vie que certains taxeront de mauvaise nouvelle. Mais tout dépend de comment on le prend.

La mauvaise nouvelle donc, s’il faut parler ainsi, est qu’effectivement, toute réalisation, tout accomplissement digne de ce nom ne se fait jamais dans la facilité. Il y a toujours un prix à payer pour tout objectif que l’on veut atteindre. Il n’y a pas de sacre sans sacrifice. No pain no gain, disent les shakespeariens. Et beaucoup de gens ne sont pas prêts de vouloir payer ce prix. Et même pour ceux qui le veulent, les circonstances arrivent parfois à exiger plus que ceux-ci étaient prêts à pouvoir supporter. Par conséquent, peu se lancent, et parmi eux, très peu encore finissent par franchir la ligne d’arrivée.

De l’autre côté, la bonne nouvelle est que tout le monde peut y arriver. Vraiment, n’importe qui peut le faire. Une autre bonne nouvelle, c’est que pour ce faire, on n’a pas besoin de réunir tout l’or du monde pour se lancer. Dans la vie, et donc dans le business aussi, on ne commence qu’avec ce qu’on a en mains, ou en tête (parfois ce qu’on a en tête peut être un atout plus important que ce qu’on a en mains). Ceci peut sembler vrai et simple, mais ce n’est pas facilement intériorisé par beaucoup. Et oui, «méfiez-vous de la simplicité de ce qui est simple», nous disait un professeur du secondaire.

Comme mentionné plus haut, le plus grand drame c’est que plusieurs s’infligent des limitations mentales. « Je ne suis pas si intelligent que ça », « Je n’ai pas le capital pour commencer », « Il me manque tel diplôme pour obtenir ce poste », « L’environnement des affaires n’est pas propice pour me lancer », « Je suis une femme, un enfant, une personne âgée… ».

Et on peut continuer à en citer autant et davantage, il y a toute une litanie de raisons que nous avançons pour ne pas avancer. Humm.

 

On commence toujours quelque part

Il y a quelque chose que j’ai appris dans la vie, c’est que moi-même en tant que personne, je suis un capital, je suis tout un investissement. Je suis doté par le Créateur des dons, talents, aptitudes, reflexes, dispositions, prédispositions, inclinations, préférences, facilités, penchants, réceptivité, capacités, force, résistance, endurance… Et ceci ne fait que commencer. En plus de tout ce que j’ai reçu naturellement, il y a aussi toute mon expérience de vie, tout ce par quoi je suis passé et que j’ai appris avec le temps, de fois à la dure. Tout ceci est un capital. Que dirais-je de mes études, toutes ces années passées à accumuler du savoir, des connaissances ? Et les relations alors ? Chaque personne connait jusqu’à des milliers de personnes, et même celles qu’on croit ne pas connaitre on n’est pas tant que ça loin de ces gens si on veut vraiment entrer en contact avec eux.

Rendu plus simplement, je veux dire que nous n’avons pas le droit de nous sentir désarmés face à la complexité de la vie, à la grandeur du défi, à l’immensité du rêve que nous portons et chérissons. Tout ce que cela demande pour commencer se trouve déjà à notre disposition. Le secret consiste à en devenir conscient. De toutes les choses citées ci-dessus, qu’est-ce qui est utile pour m’aider à avancer, à lancer mon entreprise, à démarrer mon propre business ?

Dans le domaine de projets par exemple, si quelqu’un veut lancer une affaire, souvent, et très souvent même, les gens soulèvent d’ores et déjà le manque de financements. « Je n’ai pas de capital pour me lancer ». Quoiqu’il soit vrai que l’argent est un des éléments clés pour démarrer un projet, il n’est pas le seul facteur du tout ! La question pourrait être : « que puis-je faire d’autre en attendant de régler le problème d’argent », ou « quel autre ‘capital’ puis-je utiliser pour pouvoir plus tard régler cette question d’argent ? ». Il existe en effet d’autres types de capital, en dehors du capital financier, notamment le capital naturel, capital humain, capital social ou relationnel, capital intellectuel, capital temps… autant de formes alternatives lorsqu’on se retrouve bloqué.

Puis-je t’inviter à t’arrêter, à arrêter de continuer à regarder aux facteurs qui te limitent, et à procéder à un inventaire, un bilan de ce que tu as comme atouts à ta disposition. De fois, on ne se rend pas compte de ce qu’on a, parce qu’on ne se focalise que sur ce qu’on n’a pas, et qui échappe à notre contrôle. On se met à se comparer, inutilement, avec les autres, à pleurnicher sur ce qu’on a perdu… Ce qui est dans nos mains, dans nos têtes, dans notre environnement est plus que suffisamment pour commencer ; le reste se réalisera au fur et à mesure que nous faisons notre chemin.

 

Bon mois d’avril !

Bon second semestre !