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mai 2018

Actif ou passif : le choix décisif

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Ceci a été un grand tournant de ma vie d’entrepreneur. Il est dit que vous auriez été la même personne dans cinq ans, n’eût-été les personnes que vous aurez rencontrées et les livres que vous aurez lus. Ce fut bel et bien le cas pour moi, lorsqu’en 2005 un ami m’a prêté le livre de Robert Kiyosaki, « Rich Dad Poor Dad ». Bien que connaissant les notions d’actifs et passifs par mes cours de comptabilité à l’université, je redécouvrais ces concepts sous un tout nouveau jour.

Fidèle à son style non conventionnel, l’auteur écrivait : « vos biens ne sont pas nécessairement des actifs, ils peuvent tout autant être des passifs ». Il introduisait ainsi une façon claire et pratique de regarder aux choses que nous nous procurons au fil du temps, et de leur impact sur notre portefeuille à long terme.

Ceci tranchait brutalement avec tout ce que j’avais appris et entendu jusque-là, depuis mon enfance. Avoir une maison, une voiture, … c’est tout ce que toute personne se doit de faire, car on ne sait jamais. On a entendu souvent dire : dès que je trouve une somme importante, la première chose que je fais c’est de m’acheter une maison. Mais ce que cet homme introduisait était une remise en question totale de cette façon de penser.

Bien que le besoin de posséder maisons, voitures, bijoux, et autres biens de la vie soit légitime, se lancer dans la satisfaction immédiate de ces besoins peut s’avérer économiquement insoutenable. L’entrepreneur apprend qu’il doit avoir un autre regard. Plutôt que de dépenser ses revenus directement dans des biens de consommation, il devrait penser à fructifier d’abord l’argent ou les ressources à sa disposition, pour être en mesure plus tard d’acquérir les agréments dont il a besoin pour vivre.

Mais ceci n’est pas toujours facile à faire, et il y a des risques que les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Car tout le monde aimerait bien avoir plus d’actifs que de passifs. Mais entre vouloir et pouvoir, il y a un grand fossé. Comme qui dirait quelqu’un, la différence entre la théorie et la pratique est plus grande en pratique qu’en théorie.

Sans verser dans de complexes définitions comptables, nous appelons actif tout ce que nous possédons, de tangible ou d’immatériel, et qui d’une manière ou d’une autre nous procure des revenus. Quant au passif, c’est toute chose que nous possédons mais qui ne produit pas de revenus, ou même qui en consomme. Une bonne compréhension pratique des notions d’actifs et de passif est ce qui différencie l’entrepreneur des autres.

Si vous désirez vous lancer dans l’entrepreneuriat (et je vous le recommande vivement), ou même que vous l’êtes déjà, favoriser l’acquisition primordiale des actifs avant les passifs vous assurera un parcours réussi ; certes pas facile, mais durable sur le long terme.

Voici ci-dessous quelques facteurs à prendre en compte si vous voulez vous engager sur cette voie.

 

C’est d’abord un état d’esprit

Toute somme qui passe par vos mains peut soit finir dans une dépense ou alors être investie, fructifiée et produire plus que sa valeur initiale. Mais tout est question de la vision qu’on a. C’est pourquoi l’entrepreneur a tout intérêt à se former et s’informer continuellement. Il y a bien de choses que nous devons désapprendre (oui, c’est cela le terme), car la sagesse populaire, les connaissances antérieures ne sont pas nécessairement correctes, mais parfois aux antipodes des principes du progrès.

 

Oublier la sécurité

Comme dit plus haut, certaines personnes, lorsqu’elles obtiennent une somme donnée, pensent se procurer quelque chose qui assure la sécurité. Elles se disent que c’est peut-être leur dernière chance. Mais un entrepreneur sait que la totale sécurité n’existe pas. Il prend des risques, car il est risqué de ne pas en prendre. Choisir d’investir d’abord est un risque ; rien ne garantit que ça marchera.

 

Différer le plaisir

C’est une des disciplines que se doit de développer tout entrepreneur. En anglais on dit, “pay now and play later or play now and pay later”. C’est accepter de souffrir maintenant pour un peu de temps afin de jouir plus tard, plutôt que l’inverse, que l’on paie souvent plus cher. Dans cette logique, voici une des définitions de l’entrepreneuriat: « Entreprendre c’est accepter de vivre au début une vie dont personne ne veut, pour jouir par la suite d’un standing dont plusieurs rêvent sans pouvoir se l’offrir ».

 

Créer un effet de levier

Un des bénéfices d’acquérir des actifs, et donc finalement de créer des entités économiques qui les contiennent (entreprises) est de tirer profit des effets de levier que cela procure. Une entreprise est toujours plus à même de générer des revenus et de porter une plus grande responsabilité qu’un simple individu à l’avantage de l’entrepreneur.

 

 

Idées : où trouver l’inspiration

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Très souvent, la vie d’un entrepreneur est associée à une vie de dur labeur. Et à raison, car être entrepreneur exige de vous beaucoup de travail. Il y en effet un grand fossé à combler entre le rêve, la vision ou le plan que l’on a et sa matérialisation en quelque chose de concret. Il faut rester concentré, donner de son mieux, avoir les yeux sur plusieurs choses à la fois. C’est une vie où on ne reste pas statique. En réalité, rester statique c’est faire marche arrière, car le monde lui ne s’arrête pas. Voyez l’image de ces personnes qui se mettent debout à la carrosserie d’un véhicule en marche. Elles ne peuvent pas rester figées, au risque de tomber même du véhicule ou de se faire éjecter au tournant d’un virage. Dans l’entrepreneuriat aussi, cette règle s’applique. Les choses bougent, le marché évolue, la technologie ne cesse d’avancer, les paramètres socio-économico-politiques changent. Dans un tel environnement, si on n’y prend gare, on risque soit d’être complètement dépassé, ou alors on se retrouve seulement à réagir. On s’adapte, on ajuste, mais on n’est plus maître du jeu.

Cependant, à force de se concentrer sur l’aspect du dur labeur, de l’effort à fournir, on risque de passer à côté de quelque chose d’autant important, si pas plus. L’entrepreneur ne travaille pas qu’avec son physique. Son mental est aussi fortement impliqué dans ce qu’il fait. Souvent, il a besoin d’inspiration pour déterminer, voire anticiper la prochaine étape ou orientation. Avoir de nouvelles idées, trouver une bonne inspiration, avoir de l’intuition sont des « must » pour l’entrepreneur.

Mais comment faire pour trouver en soi ces ressources tant nécessaires, cette inspiration, cette bonne idée ? Nous partageons ici quelques astuces.

 

Développer le sens de l’observation

Un entrepreneur a besoin de comprendre le message que lui renvoie son environnement. Là où d’autres voient des difficultés, il doit apprendre à voir les opportunités. Ne dit-on pas que les opportunités viennent souvent voilées en difficultés, et beaucoup ne les reconnaissent pas ?

Depuis des années j’ai appris à développer quelque chose : apprendre à toujours trouver un point positif dans toute situation. C’est dans nos contraintes journalières, nos défis quotidiens que se trouve cachée la clé pour une bonne affaire qu’on peut lancer.

 

Développer l’écoute

Reconnaissons d’emblée que l’écoute est parmi les choses les plus difficiles à faire. Nous avons toujours tendance à vouloir parler, faire passer d’abord notre message là où les gens veulent simplement être écoutés. Il existe aujourd’hui dans le monde des personnes dont le seul métier c’est d’écouter les autres ! Le besoin de l’écoute est tellement indispensable que les gens sont prêts à payer ce service.

Un entrepreneur se doit d’écouter. Il doit écouter le marché, ses collaborateurs, ses partenaires, au risque parfois de perdre de l’argent plus tard parce qu’il n’a pas voulu écouter ses conseillers par exemple. Il est vrai qu’il lui reviendra de prendre toujours la dernière décision, mais il doit prendre la peine d’écouter aussi les avis des autres.

 

Cultiver le silence intérieur

C’est une pratique utile pour la vie en général, mais aussi pour l’entrepreneur. Ceci peut s’apparenter à une réinitialisation du système. Il y a tellement des choses que l’on accumule avec le temps qui passe. Même dans un instant de silence extérieur, nous pouvons toujours en nous-même continuer à entendre le bruit de tout ce vacarme qui nous accompagne et d’autres voix purement imaginaires.

Savoir faire le vide permet d’être réceptif à de nouvelles idées, à regarder les choses avec du recul, sous une autre perspective. Etre entrepreneur c’est accepter de mener une vie rythmée, où on est sur le qui-vive, on répond au coup sur coup ; mais cet exercice permet de mieux se contrôler pour mieux agir.

Savoir prendre du temps seul

Plusieurs personnes ne savent ou ne veulent pas souvent se livrer à cet exercice de rester avec soi-même; on dirait qu’ils veulent constamment échapper à ce moment de « vérité ». Mais rester avec soi-même est vraiment important, pour une auto-inspection, une méditation, un questionnement personnel, pour savoir évaluer les choses sans trop d’émotions. Beaucoup de gens fuient ce moment pour ne pas avoir à se regarder dans le miroir de leur conscience, de leurs valeurs. Dès qu’ils se sentent dans cette situation, ils recourent aussitôt à une distraction extérieure: causerie, télévision, boissons, téléphone (avec toutes les applications actuelles qui vous connectent en une seconde au reste du monde entier, sauf à vous-même).

 

L’entrepreneur qui prend l’habitude de développer ces différentes disciplines sera souvent mieux équipé à conduire ses activités avec sérénité. Même en temps de crises, quand par exemple les affaires ne marchent pas très bien, il saura facilement déceler les causes des problèmes et les aborder avec précision.

 

Bon Lundi de Pentecôte !

Jeune entrepreneur ou entrepreneur jeune

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Dans une de nos récentes publications, nous avions partagé le point de vue selon lequel le concept de « jeune entrepreneur » n’a pas à faire qu’avec l’âge uniquement. Le jeune entrepreneur est, à notre sens, toute personne qui, quel que soit son âge, vient de se lancer dans l’entrepreneuriat. C’est donc une jeunesse qui n’est pas du physique, mais se rapporte à une fraîche et récente entrée dans le domaine. L’entrepreneur jeune peut être défini comme un entrepreneur, jeune en âge ou d’un certain âge, qui commence une nouvelle aventure dans un nouveau domaine, qui peut lui est être inconnu, alors qu’il a déjà lancé des activités dans d’autres domaines. Il se sert de son esprit d’entrepreneur pour se lancer dans des activités variées, même si elles ne sont pas du domaine qu’il maîtrise. Mais au moins, il semble que de plus en plus les jeunes se font le fer de lance de l’entrepreneuriat. A visiter les colloques, conférences et fora qui s’organisent sur le sujet, on voit la scène être littéralement envahie par une jeunesse montante. Du reste, ceci n’est que de bon augure, surtout pour nos pays d’Afrique où la majorité de la population est constituée de jeunes. Une telle explosion de la population constitue en même temps une grande opportunité mais aussi une menace, si certaines dispositions ne sont pas prises à temps.

Dans un pareil contexte démographique, il est donc normal que la grande majorité d’entrepreneurs se recrute parmi les jeunes. Mais ceci n’explique pas nécessairement cela. Suffit-il en effet d’être jeune pour se lancer et réussir dans l’entrepreneuriat ? Ceci est moins sûr. La question que nous abordons ici est de scruter les raisons qui sont à l’origine du succès qui se rencontre de plus en plus tôt parmi les jeunes. Quelqu’un a partagé un article dernièrement sur les jeunes entrepreneurs africains les plus prometteurs. C’est le signe que les choses bougent au sein la génération montante.

La jeunesse est avant tout un état d’esprit ; ce sont d’abord des aptitudes et attitudes que l’on retrouve chez les personnes de cette catégorie. Tout entrepreneur actuel ou potentiel devrait rechercher de les cultiver et développer pour un parcours marqué par la réussite.

Si la jeunesse est un état d’esprit, alors c’est un choix à faire, plutôt que quelque chose d’automatique. C’est comme on dit : on naît mâle, mais devenir Homme est une question de choix. Si on devenait homme automatiquement par naissance, la société et les familles ne souffriraient pas autant de l’absence et de la défaillance d’hommes réels. Il en est de même de la jeunesse. Il ne suffit pas seulement d’être  dans une tranche d’âge ; cela demande aussi de se cultiver et de développer certaines aptitudes utiles à l’entrepreneuriat. Et si tout le monde peut le faire, quel que soit leur âge, ne vous disqualifiez pas parce que vous vous considérez comme avancé en âge.

Analysons donc ci-dessous quelques-unes de ces attitudes et aptitudes qui sont le lot de cette tranche d’âge et comment ils peuvent être mis à profit lorsqu’on s’est engagé à poursuivre son rêve et sa vision en tant qu’entrepreneur. Oui, leurs comportements ne sont pas toujours la norme absolue, ils sont appelés à plus de maturité. Mais il y a des bons côtés dont on peut s’inspirer.

 

Vivacité d’esprit

On ne le dira jamais assez. Etre vif d’esprit, perspicace, voilà des aptitudes qui sont utiles à tout entrepreneur. Car dans le domaine du business, on ne dort jamais sur ces lauriers. Ce qui s’est passé hier est déjà passé, victoire ou défaite. Il faut être en alerte par rapport au marché, à l’environnement, à l’écoute des opportunités, et tendances.

Les jeunes sont souvent plus engagés dans ce qu’ils entreprennent. Ils ne veulent rien lâcher. Ils sont prêts pour se lancer dans des aventures sans trop de calculs. Oui, ils échouent et se trompent souvent, mais cela leur importe peu. Ce qui compte, c’est qu’ils aient quand même essayé. Cette attitude est importante pour quiconque veut réussir en tant qu’entrepreneur.

Mais souvent, cette attitude s’estompe avec l’âge. Ont dit qu’ils deviennent plus sages, plus réalistes. Malheureusement, quelque vraie et pertinente soit cette assertion, il ne faudrait jamais laisser totalement se mourir cette force, enthousiasme et passion intérieurs.

Quelques recommandations :

  • Lire souvent
  • Se tenir informé
  • Apprendre une nouvelle langue
  • S’intéresser à une nouvelle discipline ou domaine

 

Force physique

C’est sûr que quand on est jeune, la force physique est l’un de vos atouts. Cette force est aussi utile pour votre vie d’entrepreneur. En tant qu’entrepreneur, vous vous devez de beaucoup bosser, ça vous exigera de fois de se lever souvent tôt, et rentrer au lit que tard le soir. Vous enchaînez des réunions, des contacts, des voyages, des conférences… Surtout si vous êtes dans une phase de lancement, vous avez besoin que votre corps puisse vous accompagner et ne vous lâche pas dans un moment si intense.

Avec l’âge, la force physique commence à diminuer, mais avec une certaine discipline, on peut encore entretenir longtemps la vigueur dans ses muscles.

Quelques recommandations :

  • Bonne alimentation
  • Exercices physiques réguliers
  • Bonne ergonomie
  • Visite régulière de son médecin
  • Dormir suffisamment

 

Remise en question continue

C’est souvent ça la cause des désaccords entre les enfants et leurs parents, les jeunes et leurs aînés. Lorsque ces derniers essaient de faire gober aux premiers leurs valeurs, éducation, vision des choses, ces jeunes ne veulent juste pas l’entendre de cette oreille. Et les parents se fâchent… Mais il faut tout simplement comprendre que les jeunes sont conçus comme ça. Ils veulent toujours remettre en question ce qu’ils trouvent déjà établi.

Cet état d’esprit est important pour un entrepreneur. Remettre en question et se remettre en question. Cette aptitude peut être utilisée à bon escient pour progresser et faire progresser les choses. Tout ce que nous connaissons comme grandes inventions de l’histoire, les innovations, est souvent le fruit d’une remise en question par quelqu’un de ce que plusieurs prenaient pour des vérités d’évangile. Parfois c’est difficile de se faire accepter avec sa nouveauté, mais c’est cela le fait d’être un pionnier.

Quelques recommandations :

  • Rentrer parfois à la maison en empruntant une autre route que d’habitude
  • Changer la disposition des meubles à la maison/bureau
  • S’interroger pour quoi on fait ce qu’on fait d’habitude
  • Discuter avec quelqu’un en échangeant de rôles
  • Penser « pourquoi pas »

 

Insouciance

Regardez courir vos enfants à la maison. Ils dévalent la pente à une vitesse qui vous fait frissonner quand vous essayez seulement de les imaginer tomber. Mais ils ne se soucient guère de ce que vous pensez. Ils foncent tout simplement ; advienne que pourra. Que dire de nos jeunes qui paradent sur les taxi-motos lors de différents cortèges festifs ou funéraires. Pour eux, il n’y a pas de risques, seul le frisson du moment compte.

Un entrepreneur ne doit pas trop s’occuper du qu’en-dira-t-on. Il doit être passionné par ce qu’il fait. Il doit prendre des risques, certes mesurés, mais les prendre quand même. L’intérêt de l’exercice n’est pas au bout du processus, mais c’est le processus lui-même qui est l’intérêt.

Quelques recommandations :

  • Lancer son activité même quand tout n’est pas encore très clair
  • Ecrire cet article, peu importe que quelqu’un le ‘like’ ou pas
  • Sortir ce livre, peu importe qu’il se vende ou pas
  • Appeler un ancien client, parce qu’on a pensé à lui, même s’il peut penser que vous cherchez seulement un marché

 

 

Restez en vie pendant que vous l’êtes encore

C’est le titre d’un livre que j’ai lu il y a longtemps, et je l’ai bien aimé. Beaucoup de gens sont déjà morts pendant qu’ils sont encore vivants ! Vous ne vous rendez peut-être pas compte, mais ça peut être vrai. Jusque-là, nous avons parlé d’autres jeunes. Mais qu’en est-il du jeune qui est ou qui était en vous il y a quelques années ? Un ami m’a dit un jour qu’il est malheureux que beaucoup de gens, en grandissant, laissent mourir progressivement ce en quoi ils croyaient quand ils étaient plus jeunes. Au nom du réalisme. Un autre auteur a posé la question : croyez-vous que votre personne à 8 ans serait contente de ce que vous êtes devenu aujourd’hui ? Le réalisme conduit à l’immobilisme dit-on. A force d’être « trop » conscient de la réalité on éteint la flamme nécessaire à tout décollage. On finit par renoncer, par exister et non vivre.

Quelques recommandations :

  • Relisez vos notes personnelles d’il y a 10 ou 20 ans
  • Ecrivez ce qui vous monte à l’esprit, ne remettez pas à plus tard
  • Pensez à ce que vous feriez s’il n’y avait aucune restriction ou limitation

Il revient à chacun de faire le choix d’être entrepreneur jeune ou jeune entrepreneur, c’est selon. L’état d’esprit, l’attitude voilà ce qui vous donne la latitude d’oser entreprendre quel que soit votre âge.

Impôts : faut-il en avoir peur en tant qu’entrepreneur ?

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Taxes, impôts. Que vous soyez une grande entreprise, ou un entrepreneur en herbe, voilà une question qui constitue un casse-tête pour plusieurs. Et non sans raison. Contrairement aux idées repandues c’est un aspect qui lorsqu’il est bien géré peut permettre à votre organisation de mieux évoluer dans le monde des affaires, et en tirer parti. Par contre, mal négocié, il peut causer les déboires de l’entreprise. Les grandes entreprises se font souvent conseiller par des firmes spécialisées ou des consultants qui maîtrisent la question. Qu’en est-il des jeunes entrepreneurs, qui veulent ou sont en train de se lancer dans le business ? (Je précise déjà et comme d’habitude que l’expression « jeune entrepreneur » ne fait pas référence à l’âge physique ou biologique, mais plutôt au fait que quelqu’un vient à peine de lancer dans le domaine de l’entrepreneuriat ou de création d’entreprise).

Avec la fin du mois d’avril, les entreprises de l’espace OHADA ont déposé leur déclaration annuelle de l’Impôt sur le Bénéfice des Sociétés autrement appelé Impôt sur les Bénéfices et Profits (IBP). C’est une exigence à laquelle doivent se soumettre toutes les entreprises, du moins celles qui fonctionnent dans le secteur formel et régulièrement enregistrées. En plus de cet impôt annuel, il existe également d’autres déclarations d’impôts à effectuer mensuellement, notamment la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR), et bien sûr d’autres impôts et/ou taxes qu’il est important de connaître lorsque l’on veut se lancer dans l’entrepreneuriat. Et parfois il y en a toute une litanie.

La question de l’impôt est l’une des principales raisons pour lesquelles plusieurs entrepreneurs préfèrent rester en-deçà des radars de l’Etat, c.à.d. dans le secteur informel. Et il faut reconnaître que parfois nos administrations fiscales ne rendent pas les choses faciles. Non seulement ces multiples impôts ne sont pas bien connus et compris du public concerné, mais souvent ces administrations les utilisent plus comme une épée de Damoclès suspendue sur les têtes des entrepreneurs. Ces derniers se retrouvent de fois confrontés à des amendes pour des taxes qu’ils connaissent à peine. Un peu plus de pédagogie de la part des administrations fiscales serait toujours la bienvenue.

Néanmoins, le but que nous visons ici, c’est d’aider les jeunes entrepreneurs à travailler sur des paramètres dont ils peuvent avoir le contrôle, car il est plus facile et mieux avisé de s’éduquer soi-même financièrement que de se focaliser sur ce qu’on ne peut changer soi-même.

Voici donc quelques attitudes à avoir à l’esprit en rapport avec les impôts, et qui peuvent être utiles dans la perspective de la création et du développement de ses activités.

 

Savoir faire avec

Il ne faut pas avoir peur des impôts. Oui, tout commence par là : avoir le courage d’affronter la question si redoutée des impôts. En tant qu’entrepreneur, vous devez vous faire à l’idée que les impôts font partie de votre environnement de travail. La peur de l’impôt, et même la peur tout simplement, est ce qui fait commettre des erreurs à beaucoup de gens. Souvent on a peur des choses qu’à distance, mais en les approchant, en y regardant de plus près, on se rend compte généralement qu’il y avait plus de peur que de mal.

Le nombre d’années où vous fonctionnez dans l’informel à cause de la peur de l’impôt est une perte énorme pour votre entreprise, car votre entreprise n’existe pas formellement et ne peut donc pas capitaliser sur ce nombre d’années d’existence passées dans l’informel. Or l’ancienneté d’une entreprise, sa durée dans un secteur constituent parfois un critère important dans la passation des marchés.

 

Un entrepreneur ne paie pas d’abord l’impôt

Selon Robert Kiyosaki, auteur du célèbre Père Riche Père Pauvre (Rich Dad Poor Dad), c’est l’un des avantages considérables d’être entrepreneur. En effet, les autres reçoivent leurs rémunérations et font des dépenses uniquement après que l’Etat y en ait d’abord déduit l’impôt à la source ; les entrepreneurs eux font d’abord les dépenses et/ou investissements et de ce qu’il en reste, ils paient alors les impôts.

Un des avantages d’être entrepreneur, à la différence du citoyen ordinaire ou d’un employé, c’est que l’entrepreneur ne commence pas par payer l’impôt. Par contre, il collecte l’impôt pour le compte de l’Etat et le reverse à celui-ci selon les échéances fixées par ce dernier ! L’entrepreneur en tant que fournisseur des biens ou des services recueille les impôts auprès des utilisateurs finaux qui sont les clients qui se procurent ces biens et/ou services. Même lorsqu’il emploie de la main d’œuvre, ce n’est pas lui qui supporte l’impôt sur les rémunérations par exemple. Cet impôt est retiré sur la base salariale du travailleur. En dernier ressort, l’entrepreneur n’a pas payé l’impôt sur la rémunération ; il l’a collecté auprès de son employé et l’a reversé à l’Etat.

 

Bien se faire conseiller

En tant que jeune entrepreneur, il est toujours conseillé de recourir aux services moins onéreux des amis ou des membres de famille qui ont une certaine connaissance dans le domaine. Vous pourriez plus tard requérir des services plus professionnels à la taille de votre entreprise grandissante. Si vous prenez le temps d’étudier la question et de bien vous faire conseiller, vous verrez que c’est toujours prenable, et vous pouvez même découvrir des dispositions favorables pour votre jeune entreprise.

J’ai vu par exemple dans un des pays de l’espace OHADA où lorsqu’on enregistre convenablement son entreprise, on bénéficie de deux ans d’exonération fiscale !

Aussi, dans le choix des conseillers, notez que la perspective des agents des administrations fiscales et celle des sociétés privées de conseils sont bien différentes. Les publics sont souvent en mode maximisation des recettes de l’Etat, tandis que les privés cherchent à trouver les voies pour payer le moins possible mais selon les règles. C’est de bonne guerre.

 

Veiller à la forme de société et à la juridiction de ressort

Par quel type de société allez-vous commencer ? Est-ce une société unipersonnelle ou une Sarl ? Tout ceci détermine à quel type d’impôts vous allez être exposé et comment vous en serez affecté. Il est vrai que certains types de sociétés présentent plus d’avantages que d’autres en termes de fardeau fiscal, mais il faut voir aussi les implications juridiques. Dans certaines formes de sociétés, le fardeau fiscal n’est pas pesant, mais en tant qu’entrepreneur vous êtes légalement responsable des dettes commerciales de votre entreprise. En d’autres termes, si la société a des dettes, vous devrez les payer avec vos ressources personnelles si la société n’est pas en mesure de le faire. Alors que pour d’autres, vous n’êtes lié à l’entreprise que selon votre participation.

En plus de la forme de la société, il y a aussi les services administratifs auprès desquels vous enregistrez votre entreprise. Il arrive de fois que des entrepreneurs qui viennent à peine de se lancer se font enregistrer auprès des administrations fiscales qui s’occupent des entreprises moyennes ou plus grandes. Et de fois, ces administrations ne les orientent pas vers les services pour les petites entreprises. Et donc, ces jeunes entrepreneurs se retrouvent à supporter un poids fiscal qui n’est pas à leur taille. D’où la nécessité de se faire bien conseiller.

 

Prendre des risques calculés

Comme avec tout autre sujet du domaine de l’entrepreneuriat, la question des impôts implique des risques. La vie d’un entrepreneur est une vie de risques, mais de risques mesurés et calculés. Etre entrepreneur ne signifie pas être un casse-cou. Avant même de vous lancer dans votre nouveau parcours entrepreneurial, prenez le temps de bien étudier les différents paramètres. Et celui des impôts est fondamental. Si vous refusez de vous confrontez aux impôts, votre entreprise ne grandira jamais. Aussi, si vous passez par d’autres voies pour y échapper, cela pourra vous coûter cher si vous y êtes brusquement exposé sans préparation.

 

En définitive, certes l’on ne peut qu’espérer que nos Etats puissent engager des réformes pour créer un climat des affaires propice à l’émergence des entrepreneurs, véritables créateurs d’emplois et moteurs du développement. Mais de l’autre côté, les entrepreneurs, ou ceux qui désirent l’être, se doivent de se former et de s’informer en ce qui concerne les impôts pour bénéficier au maximum des incitations existantes et donner à leurs entreprises la possibilité de croître en toute légalité.

Retenons aussi qu’un entrepreneur véritable est toujours animé d’un esprit citoyen. C’est le bien-être de sa communauté qui lui importe au premier chef, et qui l’a poussé à créer des produits ou services à leur offrir pour répondre à leurs besoins, améliorer leur quotidien, et il en est récompensé lui-même par le profit qu’il en tire. Cela étant, il ne rechignerait pas à s’acquitter de ses impôts, dans la mesure où en le faisant il répond à ce double objectif de (nouvelle) citoyenneté et d’épanouissement personnel.