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septembre 2018

Entrepreneuriat : inné ou acquis à l’école ?

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Décidément, l’école aura été un sujet sur lequel nous nous serons beaucoup penchés pendant ce mois de septembre. Peut-être à raison, car les enfants conditionnent beaucoup le rythme de nos vies. Et puis, l’avenir de nos familles, entreprises, dénominations et institutions dépend de ce que nous aurons fait pour et avec eux aujourd’hui.

Lors d’une conférence sur l’entrepreneuriat, un participant émettait le vœu de voir l’entrepreneuriat inséré dans le curriculum scolaire pour être enseigné aux enfants dès le jeune âge. Ce à quoi un des panélistes répondit en s’interrogeant s’il était vraiment possible d’enseigner l’entrepreneuriat à l’école. Cette discussion a été soulevée à maintes occasions. C’est aussi notre réflexion de ce jour.

Répondre à cette question, ou même essayer d’y répondre n’est pas chose aisée. Et les points de vue divergent. Afin de mieux cerner cette question, essayons de faire un retour aux origines même de l’école. Avant de mettre une chose dans l’autre, mieux vaut d’abord connaître leur but ou raison d’être, car lorsque le but d’une chose est ignoré, dit-on, son abus est inévitable. L’école est-elle le lieu indiqué pour apprendre à devenir entrepreneur ?

 

Ecole du Dimanche

Selon l’expert King Kabobole, spécialiste en consultance d’entreprises, l’école était à l’origine l’apanage de l’Eglise. Les familles, surtout les nobles qui en avaient les moyens, y envoyaient leurs enfants, pas pour y apprendre une science, mais pour affiner leurs connaissances afin de s’occuper des affaires familiales. A l’époque, les métiers se transmettaient de génération en génération. On allait à l’école pour y affûter son talent, son métier, et non pour le découvrir.

Durant mon enfance, j’ai aussi remarqué cette pratique dans une communauté étrangère impliquée dans le commerce. Leurs enfants, qui étaient nos camarades de classe, ne fréquentaient l’école que pendant quelques années. Le plus souvent, c’était le cycle primaire complet, et deux ans du C.O (cycle d’orientation). Et c’était tout ! Puis ils quittaient l’école, et allaient rejoindre leurs parents dans le commerce. Ils étaient venus à l’école seulement pour apprendre à lire, écrire et compter.

Comme à cette époque de l’histoire, ces personnes savaient déjà ce qu’ils poursuivaient dans l’enseignement. Elles avaient déjà une identité avant d’aller à l’école. Leurs parents, leurs familles les aidaient déjà à la maison à savoir qui ils sont. Ils connaissaient déjà leur identité, ce n’est pas l’école qui la leur conférait. En fait, l’éducation s’acquérait à la maison, l’identité y était affirmée, et l’école ne servait qu’à leur conférer l’instruction qui va avec.

Pour prendre un exemple, aussi simpliste soit-il, le Dr. Kabobole utilise celui du cheval. Il naît déjà avec ses talents, qui sont révélateurs de son identité et de sa mission. Et c’est en fonction de cette identité et talents qu’il ira à “l’école”, c.à.d. le cercle hippique. Il va y apprendre à mieux galoper, mieux porter quelqu’un sur lui, mieux tirer les charrettes. L’école ne définit pas qui il est, mais l’école affine ou affûte qui il est.

 

L’uniformité en question

C’est à l’époque de Charlemagne que remontent les origines de l’école sous la forme moderne que nous connaissons aujourd’hui. En vue de s’assurer que tous les sujets de son vaste royaume ont accès aux mêmes informations et au même savoir, il va uniformiser et populariser l’enseignement. Mais ceci ne s’est pas fait sans dommage. Car tout le monde devait recevoir le même enseignement.

Avec ce système ouvert au plus grand nombre, on dit au revoir à l’identité individuelle. Plus moyen ni plus la peine de veiller à la spécificité, la particularité de chacun. Maintenant, c’est l’école qui définira votre identité, une “identité d’état”. Après votre graduation (ou collation), vous serez désormais appelé comptable, juriste, ingénieur, économiste. Il existe c’est vrai plusieurs sections, facultés, options, mais peu d’efforts sont véritablement consacrés, à la maison ou à l’école, à la question de l’identité.

 

Retour aux basiques

Alors, est-ce qu’on peut apprendre l’entrepreneuriat à l’école ? Cela dépend de quelle école on parle. Mais effectivement, l’entrepreneuriat est quelque chose que l’on peut “apprendre”. C’est le cas des incubateurs d’entreprises par exemple. Une personne y vient avec son idée, sa particularité, son projet et son individualité. Il y jouira d’un cadre optimal pour le développement de son projet, avec des formations adaptées.

A l’instar de ce cheval du cercle hippique, s’il n’est pas formé, il restera avec son talent mais à l’état brut et donc inutile à la société. Le défi demeure donc celui d’aider les plus jeunes aujourd’hui à prendre le temps de se découvrir, d’avoir le courage de leur individualité, et alors de se former en fonction de qui ils sont déjà, et non de se laisser fondre dans le moule uniforme de tout le monde.

Pour vous,  quelle est la place de l’entrepreneuriat dans l’école d’aujourd’hui ?

 

Education et rééducation à l’entrepreneuriat

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La rentrée scolaire n’est pas encore loin derrière nous. Il y a deux semaines les bleus et blancs (couleur des uniformes en RDC) reprenaient le chemin de l’école, après deux mois de vacances. Dans notre article précédent, nous avions réfléchi sur les contours de cette rentrée, et comment nous pouvons capitaliser et tirer meilleur parti de cette période stratégique de l’année.

Cette semaine, je participai à une réunion de prise de contact entre les parents d’élèves et les enseignants des classes respectives des enfants. Une remarque soulevée par un parent lors de la séance de questions-réponses m’a poussé à cette réflexion. Celui-ci exhortait les enseignants à davantage de conscience et de responsabilité, vu que c’est eux, les enseignants, qui passent avec nos enfants le plus clair de leur temps.

Les enseignants restent au moins 6 heures de la journée avec les enfants. Certains parents voient les enfants pendant plus ou moins 1 heure le matin. Ils les reverront encore peut-être une autre heure le soir, après un retour tardif à la maison, une journée chargée et de longues minutes dans les embouteillages. Sinon, les enfants seront déjà endormis. A demain matin !

 

Valeur de l’éducation

Si effectivement les parents consentent tout ce sacrifice, c’est à cause de la valeur que revêt l’éducation. Barack Obama aurait dit : « Si vous pensez que l’éducation est chère, essayez donc la non-éducation ». Le niveau qu’atteint une société est révélateur de la qualité de son éducation. Et si vous voulez détruire une société, vous n’avez qu’à mettre son éducation à genoux.

Mais est-ce qu’il suffit que nos enfants aillent à l’école pour être sûr qu’ils réussiront dans la vie ? L’instruction qu’ils y reçoivent est-elle la seule chose dont nous pouvons être fiers à leur égard en tant que parents ou responsables ? En fait, c’est à la famille que revient la responsabilité de l’éducation des enfants. L’école, quant à elle, n’est chargée « que » de l’instruction, même si heureusement certaines écoles essaient de faire plus.

Il se peut peut-être que nous attendons de l’école qu’elle fasse ce dont elle n’a ni la vocation et ni les moyens. Suffit-il seulement de se réjouir quand nos enfants ont bien travaillé ou alors se fâcher et même les punir parce qu’ils ont échoué ? La réussite ou l’échec scolaire, sont-ils les seuls paramètres de l’évaluation de nos enfants ? Sont-ils les seuls nous permettant d’entrevoir le potentiel de leur devenir ?

 

Une autre voie

Sans minimiser l’importance de l’école, mais aussi sans nous décharger complètement de nos responsabilités dans la formation de la prochaine génération, il est crucial pour nous en tant que parents de savoir que la plus grande part du devenir des enfants dépend de ce que nous, et non l’école, aurons apporté comme inputs dans leur vie.

Déjà que ici comme ailleurs, il y a des voies qui se lèvent pour questionner la pertinence du système éducatif et son (in)adéquation par rapport aux besoins de la société. A défaut de pouvoir reformer l’enseignement, nous avons la possibilité, à notre niveau, de façonner une génération plus entreprenante.

Qu’un enfant ait réussi ou échoué en classe ne devrait pas être le seul sujet de notre fierté ou regret/colère. La question est, est-ce que nous avons, nous, découvert le potentiel de cet enfant, et lui apportons l’encadrement nécessaire à son épanouissement ? Certaines écoles ont une meilleure approche : elles ont ajouté des activités parascolaires aux activités classiques. Qui sait, un enfant pourrait y découvrir sa raison de vivre et de travailler.

Tout ce que l’école fait pour les enfants, c’est leur apporter un cadre et des connaissances qui leur serviront d’exprimer ce qu’ils sont intrinsèquement, au fond d’eux-mêmes. Tous ceux qui ont marqué l’histoire du monde et de leurs milieux n’ont pas toujours été des meilleurs à l’école. Parfois, l’école peut même, si on n’y prend garde, inhiber l’appel intérieur que ressent l’enfant, au motif de l’uniformité et de la conformité.

Il appartient donc à nous parents, en plus de les déposer à l’école, de travailler avec eux pour les aider à ne pas être ou faire comme tout le monde, mais à rechercher et découvrir leur chemin.

Je me rappelle avoir eu mes hauts et mes bas à l’école, mais ce qui m’aide à évoluer aujourd’hui dans la vie n’est pas du tout les diplômes que j’y ai obtenus. Par contre, l’intérêt pour les langues tiré de mon père et le sens du business hérité de ma mère, couplés aux connaissances scolaires m’ont permis de tisser ma voie.

Et vous, quelle approche avez-vous des études ? Vos commentaires sont les bienvenus.

Rentrée scolaire et… solaire

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La semaine dernière a été marquée chez nous et dans de nombreux autres pays par la rentrée scolaire. De nouveau, les rues sont envahies aux heures de pointe par les uniformes et les embouteillages se réinvitent sur la route. C’est une nouvelle saison qui s’installe et qui va caractériser les programmes de plusieurs, jusque pratiquement vers la fin de l’année, lorsque viendra le temps des vacances de fin d’année.

Mais cette rentrée n’est pas que scolaire. Certes, chez nous, le terme « rentrée » est plus compris dans son assertion de « rentrée scolaire ». Mais ici comme ailleurs, cette période ne concerne pas que la seule reprise des classes. Il y a bien d’autres rentrées qui ont lieu. Il y a par exemple la rentrée parlementaire, avec la session de septembre. Il y a la rentrée politique, la rentrée littéraire ; les émissions suspendues le temps des vacances reviennent à l’antenne…

 

Changement de fréquence

Nous pouvons observer qu’à côté de ces changements qui s’opèrent dans les activités des uns et des autres, il se produit aussi des changements dans les cycles naturels des choses. On pourrait même dire que les premiers changements sont calqués ou programmés en fonction des seconds. Selon que l’on se trouve dans l’Hémisphère Nord ou Sud, ou sous les Tropiques, les saisons changent : fin de la saison sèche, fin de l’été, retour prochain de la (forte) chaleur et des pluies.

Cette coïncidence n’est pas fortuite. Depuis la nuit des temps, la nature et ses cycles ont toujours rythmé la vie des hommes, des animaux et des végétaux : migrations, floraisons, moussons, précipitations, ouragans, canicules, vagues de froid… et autres se produisent de manière répétitive à certaines périodes de l’année. C’est la maîtrise et la compréhension de ces cycles et patterns qui permettent à l’homme de pouvoir anticiper, planifier et se prémunir.

Certaines personnes et cultures ont poussé à l’extrême cette observation des faits de la nature, allant jusqu’à leur vouer une réelle vénération. Mais, est-ce parce que nos vies sont rythmées par le jour et la nuit, par les mouvements du soleil, de la lune ou de telle étoile ou astre que nous devons leur accorder une importance indue ? Ce sont des repères, des outils pour notre navigation, mais leur importance ne devrait pas être autrement exagérée ou dévoyée.

 

Point de pivotement

Le mois de septembre, mois de la rentrée, est à juste titre une période qui mérite notre attention. Souvent, en début d’année, nous prenons (beaucoup) des résolutions. Mais la discipline, l’enthousiasme et la détermination étant des denrées rares, plusieurs se lassent en chemin. Néanmoins, ce mois nous offre une occasion de pouvoir répartir sur de nouvelles bases, après nous être ressourcés pendant le break des vacances, ne fut-ce que scolaires soient-elles.

Septembre est un mois pivot. Si l’on considère Décembre comme un mois de bilan, vacances et festivités, le mois de Septembre se positionne donc comme le début du dernier trimestre actif de l’année. C’est bizarrement un mois à double vitesse : on aborde le dernier trimestre de l’année, et donc on commence à atterrir, à ralentir ; mais en même temps, la rentrée exige que nous puissions mettre les pleins gaz pour pouvoir nous propulser sur la nouvelle lancée !

Ceci nécessite donc de notre part un certain équilibre. Comme le dit un adage, « l’équilibre est essentiel à la vie ». Ça me rappelle la publicité d’une société de transport qui dit : « …, prenez le temps d’aller vite ». Cela ressemble à une contradiction, une antithèse. Mais je pense que ce n’est pas anodin que l’Equinoxe d’automne se produise en Septembre. A l’Equinoxe, le jour et la nuit ont la même durée ; c’est un point d’équilibre.

 

Profiter d’élan

Puisque nous nous trouvons à un point d’équilibre, il appartiendra à chacun de nous de déterminer, par ce qu’il fera ou ne fera pas, de quel côté se penchera la balance. Il est vrai qu’une bonne partie de l’année s’est déjà écoulée, mais il est aussi vrai que la rentrée de septembre constitue une belle opportunité de rattrapage.

En ce moment, nous évaluons le niveau d’exécution de nos objectifs de l’année et réfléchissons aux voies et moyens pour les finaliser d’ici décembre. Pendant ce même temps, nous envisageons déjà et planifions les objectifs de l’année prochaine, si Dieu nous prête vie. En effet, l’une des raisons pour lesquelles les résolutions de fin d’année ne tiennent pas longtemps, c’est qu’elles sont souvent prises dans des moments festifs, moments chargés d’émotions et d’euphorie.

Puissions-nous saisir l’opportunité et l’élan que nous offre cette rentrée pour nous engager ou poursuivre notre parcours avec une énergie renouvelée.

Vous aussi, que vous inspire cette période de la rentrée ?

Bonne rentrée