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décembre 2018

Règle numéro 1 : Ne pas paniquer

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Vous pourriez déjà me demander en quoi consiste la règle numéro 2 ou 3, etc. Je ne suis pas sûr de pouvoir vous répondre. Chacun la trouvera selon son cas. Les modes opératoires, ou ce que les médecins appellent protocoles, diffèrent selon les besoins pour lesquels ils sont appliqués. Mais au moins, la règle numéro 1 s’applique à (presque) toute situation critique.

La vie entrepreneuriale est parsemée de défis, imprévus, urgences et autres circonstances qui tout d’un coup exigent toute votre attention. Parfois, le chemin devant vous peut sembler soudainement incertain. Oui, des incertitudes concernant l’évolution du marché, ou bien des contrats que vous devriez signer, mais les choses commencent à s’éloigner dans le flou de l’horizon.

Lorsque l’une ou l’autre de ces situations se produisent, il est facile et même naturel de céder à la panique. Je me rappelle, il y a plus de 10 ans en arrière, lorsque mon premier et seul gros client de l’époque m’annonçait qu’ils allaient cesser leurs activités et fermer le projet, ce n’était facile à gérer pour le débutant entrepreneur indépendant que j’étais. Pas une bonne nouvelle à entendre que d’apprendre que votre principal et unique client va fermer.

 

Faire avec ce que l’on a

Si vous avez déjà fait une partie de jeu, vous remarquerez qu’il y a de fois où vous avez l’impression de n’avoir reçu que de mauvaises cartes après distribution. Ou d’avoir fait un mauvais tirage au jeu de scrabble. Mais il y a un adage qui m’a appris, depuis longtemps, à regarder les choses autrement : « La vie ne consiste pas à se voir distribuer les meilleures cartes, mais à mieux jouer celles qu’on a reçues ».

De même au scrabble, ce qui vous paraît comme de jetons inutiles peuvent, s’ils sont bien placés, vous obtenir de points approchant un demi-scrabble. Mais tout dépend d’abord de votre attitude face à « l’adversité ».

Ainsi en est-il dans votre parcours entrepreneurial. Il vous arrivera certainement de moments où les choses n’iront pas comme vous le souhaiteriez. Une perturbation peut se produire, soit en interne, soit venant de l’extérieur. Tout dépend de la manière dont vous allez l’approcher. Ne dit-on pas que la vie est 10% actions et 90% réactions. Ce n’est pas ce qui vous arrive qui compte ; c’est la façon dont vous y répondez qui est déterminante.

 

Voir le bon côté

Il a été remarqué que lorsque tout va bien, l’homme a tendance à s’installer dans son confort et dans sa routine. Mais une fois exposé à l’inhabituel, il va faire preuve d’une inventivité ou créativité tout simplement admirable. Cela étant, vous avez tout intérêt à regarder les difficultés avec un regard différent, car, dites-vous bien qu’elles sont venues pour sortir le meilleur de vous.

La situation qui vous met mal à l’aise peut être exploitée à votre avantage. Et comme souvent, une opportunité est cachée dedans. Si vous êtes agité, vous passerez sûrement à côté de cette perle qui ne demande qu’à être découverte. Mais c’est dans le calme, la tranquillité et en gardant confiance que vous trouverez les voies de sortie.

 

Foi en action

Cela demande la foi pour se lancer en tant qu’entrepreneur. Même si vous avez la meilleure idée, avez fait vos études du marché, réuni les sommes nécessaires pour vous lancer, il existe bien d’autres paramètres sur lesquels vous n’avez aucun contrôle. Malgré cela, vous aviez décidé de commencer le voyage.

C’est cette même foi dont vous allez vous armer lorsque vous traversez de zones de turbulences. Et ceci ne consiste pas seulement à rester là sans rien faire, et espérer que les choses s’arrangent par elles-mêmes ! Il y a certainement de mesures d’urgence à prendre, des correctifs à apporter à votre manière de travailler. Mais pendant ce moment, vous n’enfoncez pas la tête dans le chaos.

 

Alors que nous traversons une période certes remplie d’incertitudes, quant au devenir de notre pays, quant au climat des affaires qui est comme au ralenti, il est normal qu’en tant qu’entrepreneur vous puissiez vous poser des questions. Mais en le faisant, ne paniquez pas. Avec un peu de recul, vous arriverez peut-être à voir que ce qui semblait être une impasse est en fait le point d’un nouveau départ.

Arrêtez-vous un moment, respirez un coup. C’est comme quand vous apprenez à conduire et que par une fausse manœuvre, le moteur coupe et le véhicule est secoué brusquement, vous aurez tendance à céder à la panique. Les autres véhicules vous klaxonnent dessus, vous transpirez de stress… Mais, calmez-vous, ignorez les pressions extérieures, reprenez le protocole que vous avez appris, et tout ira bien.

Comment nommer son entreprise

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Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément. Un adage certainement bien connu de plusieurs. En le reprenant ici, je réalise qu’il s’agit aussi de concevoir au sens de donner vie, comme une femme donne naissance à un nouveau-né. Et l’un des premiers actes posés sur celui-ci est de lui trouver un nom. Et parfois cette tâche évidente semble se compliquer pour certains parents, chacun y allant de sa préférence. Il faut pour cela un consensus, pour utiliser un mot que les politiques aiment. L’idée ressortie ici est celle de trouver un nom acceptable par tous, partout.

De même, en tant qu’entrepreneur, vous êtes appelé à nommer l’entreprise que vous allez mettre sur pied, quelle que soit sa forme. Cette étape mérite d’être abordée avec beaucoup de délicatesse, car le nom seul d’une entité peut influencer beaucoup d’autres paramètres de la marche de sa réussite.

Voici ci-dessous quelques éléments à prendre en compte lorsque vous en arrivez à mettre une appellation à votre projet ou idée.

 

Nom et pas descriptif 

Une des caractéristiques des entreprises de l’Etat, c’est qu’elles n’ont pas de noms, mais un groupe de mots qui expliquent ce qu’elles font. Par exemple : Société Nationale de Ceci, Office National de Cela, Agence Nationale de Promotion de Ceci, Service National pour le Développement de Cela… De même chez les ONG, associations ou corps des métiers. Et ceci peut s’expliquer vu leur caractère public.

Vous en tant qu’entrepreneur par contre, vous avez la latitude de coller un nom à votre organisation, et non se limiter tout simplement à un descriptif. Et il ne suffit pas de le mettre dans une autre langue pour contourner le problème. Vous verrez par exemple une société de nettoyage du bureau nommée Office Cleaning Services. Même si cela fait « genre » en anglais, mais cela reste une explication de ce que vous faites, sans pour autant en fournir le nom.

 

Ici c’est chez nous

Il peut vous arriver de lancer votre activité dans une zone géographique donnée, mais ne minimisez pas la capacité de croissance et d’expansion de votre idée, produit ou service. Dans l’hypothèse où elle venait à aller au-delà de vos frontières, rassurez-vous que le nom de marque ne puisse pas devenir plus tard un facteur limitant.

Cependant, vous ne devriez pas trop vous inquiéter à ce sujet, car il existe bien des noms qui se sont parfaitement exportés malgré leur connotation géographique de départ. Un des cas les plus connus est le KFC (Kentucky Fried Chicken). Mais dans l’idéal, vous ne voudriez pas que votre marque soit un jour regardée d’une manière péjorative à cause du nom du lieu qu’elle porte.

 

Mots à plusieurs sens

Ceci est un peu la suite. Vous pourriez avoir appelé votre entreprise d’un nom qui a une bonne signification dans votre milieu. Mais voilà qu’un bon jour, votre marque se retrouve dans un autre milieu où son sens est plutôt gênant. Certes, il vous est impossible de tout savoir d’avance. Les grandes marques de véhicules par exemple, qui ont de gros moyens, investissent de grosses sommes dans la recherche pour éviter de tomber dans un tel piège et embarras.

 

Bonne inspiration

Vous pouvez opter de prendre un temps où vous vous mettez en retrait ou en retraite pour créer en vous et autour de vous une atmosphère où vous êtes plus réceptif. En effet, la créativité ou l’innovation ne sont pas nécessairement quelque chose qui vous attrape « par accident ». Si votre marque doit tenir longtemps, vous avez aussi besoin d’une bonne inspiration qui résiste aussi  à l’épreuve du temps.

 

Me, Myself and I

Votre entreprise peut aussi porter votre propre nom. Cela n’est pas interdit du tout. Néanmoins, même si vous le faites, il est important de toujours garder à l’esprit et en pratique la séparation de votre personne et de votre entreprise. Vous êtes une personne physique ; elle est une personne morale, à part entière. Il peut vous arriver de revendre votre entreprise, ou de céder un certain nombre de part. Quelles en seront les implications ?

 

Au Nom de Dieu

Nous vivons dans des sociétés où la religion tient une place importante. Et cela a aussi une influence sur la nomenclature des activités des uns et des autres. Il n’est pas rare de trouver des noms à caractère religieux sur les devantures d’activités commerciales. Quelles que soient les raisons pour lesquelles les gens le font, il demeure utile de considérer quelques-uns des aspects dont nous avons également parlé ci-dessus.

 

Quels autres éléments pensez-vous sont à prendre en compte lorsqu’il en vient à baptiser son entreprise ou start-up ?

Entrepreneur : Illusion d’indépendance

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Plusieurs raisons peuvent pousser une personne à se lancer comme entrepreneur, et travailler à son propre compte. En plus de répondre à un besoin ou un problème identifié sur le marché, l’entrepreneur peut aussi poursuivre un bénéfice, une passion, ou veut relever un défi personnel. Un entrepreneur social peut tout simplement vouloir contribuer au bien-être de sa communauté.

Il y a bien une autre raison à la base de la création de beaucoup d’entreprises au départ : être patron de soi-même, jouir de la liberté et de l’indépendance, être “maître de son propre destin”. L’aspiration à l’autonomie et à la responsabilité personnelle constitue un des facteurs essentiels dans le parcours des entrepreneurs.

Gérer soi-même son temps, voilà bien un privilège qu’on ne refuserait pas, si modeste soit-on. Ne pas avoir un carnet ou un cahier à signer pour signaler ses arrivées et sorties. Ne pas avoir à “rendre des comptes” à un supérieur. Ne pas être obligé de se lever très tôt pour se rendre sur son lieu de travail ; pouvoir le faire selon sa propre convenance… La liste n’est pas exhaustive, des avantages offerts par l’auto-entrepreneuriat.

 

Le client est roi

Ne pas avoir un chef direct au-dessus de soi ne veut pas nécessairement supposer qu’en réalité il n’y aucune autorité au-dessus de vous. Vendre des produits ou rendre des services sous-entend que vous avez une clientèle en face de vous. Vos clients, il est vrai, ne sont pas vos chefs directs, mais ils ont un impact direct sur votre business.

Comme le relevait un article que je lisais récemment, un responsable hiérarchique, aussi embêtant et exigent qu’il peut paraître, ne peut en rien être aussi dur envers qu’un client. Si votre supérieur doit passer par des procédures pour vous sanctionner provisoirement ou définitivement, un client ne s’embarrasse pas de tout cela. Il peut vous larguer à tout moment qu’il le décide.

Tout ceci constitue une pression invisible exercée sur vous, surtout dans un marché ou un domaine fortement concurrentiel. Et dire qu’en plus, cette pression exercée sur vous par les clients se fait dans un cadre où vous n’avez aucune “relation d’employé”, comme le disent souvent les contrats de prestations de service. Un employeur vous met la pression, mais il offre des avantages de service, mais pas un client.

 

Gouvernement interne

Ne pas avoir un chef au-dessus de soi demande encore plus de discipline personnelle. Et ceci est un effort supplémentaire par rapport à la normale. Un entrepreneur déploie deux fois, si pas plus, d’énergie qu’un travailleur ordinaire. La promesse de liberté que font miroiter les plates-formes qui encouragent à l’entrepreneuriat sont à prendre avec beaucoup de prudence.

Parfois, il est plus facile d’exécuter un travail parce qu’il y a au-dessus de soi un supérieur à qui vous devez rendre des comptes. Mais en l’absence d’un tel supérieur, vous devez faire preuve de force intérieure pour vous engager à l’action. Bien sûr, si c’est un travail attendu par un client, vous vous devez de le finaliser. Cependant, en tant qu’entrepreneur, vous aurez certaines tâches qui ne sont pas attendues par un client à l’extérieur, mais qui sont utiles par exemple pour l’organisation et la systématisation de votre entreprise.

 

Plus de risques

Un entrepreneur jouit certes d’une flexibilité dans la gestion de son temps. Mais si vous voulez atteindre vos objectifs, il y a un certain nombre d’heures de travail par jour ou par semaine que vous devez investir dans votre travail, quel que soit le rythme auquel vous vous y prenez. Vous ne pouvez pas tricher sur ce point. Si vous le faites, la qualité de votre travail finira par le manifester.

Au-delà de longues heures de travail, l’entrepreneur qui est à son propre compte est exposé à un certain risque de précarité si son entreprise n’a pas encore eu de fondements solides. Pas de cotisations sociales, pas de couverture maladies, pas de recettes en cas d’arrêt travail pour quelque raison. Un salarié est nettement mieux nanti en comparaison. C’est pour cela, s’il est possible, ayez ou gardez votre emploi pendant la période de lancement.

 

Sans pour autant remettre en question les nombreux avantages découlant du fait d’être entrepreneur, notamment la liberté et une certaine indépendance, vous pouvez aussi vous épargner beaucoup de mal et d’inconfort en prenant des risques calculés et mesurés.

Freedom is not free. La liberté a un prix. Etes-vous prêt à le payer ? Mieux vaut être préparé que surpris. Mais en contrepartie, la récompense en vaut la peine. Par ce que vous devenez, plus que même par ce que vous gagnez.