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août 2019

Mes pères et repères dans le business

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#ChezMoiAuCongo, la journée du 1er Août est dédiée aux parents. Durant l’avant-midi, on commémore les parents défunts, souvent par la visite et le nettoyage (Salongo) des cimetières ; et les après-midis, on célèbre les parents vivants. J’ai grandi dans cette atmosphère. C’est comme ça qu’avec la mondialisation, je suis un peu perdu entre les fêtes des pères par-ci, et des mères par-là, surtout que leurs dates respectives semblent différer d’un pays à un autre.

 

Seulement voilà, ce qui importe c’est que chacun de nous sait qu’il est venu de quelque part ; il n’y a pas de génération spontanée. Ceux qui clament être des self-made man, le sont-ils vraiment ? En tant qu’entrepreneur, ou quel que soit le qualificatif que l’on se donne, nous avons des personnes qui nous ont certainement aidé à devenir ce que nous sommes. Comme on le dit souvent : « sans pères, il n’y a pas de repères ».

 

Dans cet article, et à l’occasion de la journée des parents, je vais honorer quelques personnes dont l’apport m’a été, et parfois continue à m’être utile dans le parcours entrepreneurial. Souvent de près, parfois de loin, elles m’ont aidé à me découvrir, et à donner le meilleur ; elles m’ont connecté à des clients, ou partagé des opportunités. Elles m’ont aussi corrigé quand il le fallait.

A vous mes pères et repères, respect !

 

Papa & Maman

 Papa Floribert était connu du quartier pour sa sévérité, surtout en ce qui concerne les études de ses enfants. « La vie, c’est la discipline », voilà son crédo. Ancien boxeur, il ne vous épargnait pas quelques crochets en cas de déviation. Travaillant dans l’hôtellerie, il avait des livres d’apprentissage de l’anglais et dictionnaires pour maintenir son niveau. C’est à partir de lui et de là que je me suis vu naître l’amour pour les langues.

Et Maman Célé, fille d’un commerçant dans un quartier populaire et mouvementé, elle en a gardé les séquelles. Avec elle, nous avons fait toutes sortes de business, surtout quand la crise frappait de plein fouet le Zaïre du début des années 90 : fabrication et vente du pain, jardin potager et vente de salades, choux ; achat et revente des oignons. Et sans oublier les élevages et vente de porcs, lapins, poulets de chair…

 

Albert & Cécile

 Al et T.C sont tout simplement des personnes à part. J’étais encore à l’université, ils m’ont donné un job : faire le répétiteur de leur fils. C’est comme ça que je suis devenu « Monsieur Daniel ». A la fin de mes études, comme je ne trouvais pas du travail, Albert me dit que je perdais mon temps ; je pouvais bien utiliser l’anglais que je connaissais. A l’époque, je ne savais même pas qu’il existait un métier qu’on appelle traducteur ou interprète.

Joignant la parole à l’acte, Al me recommanda chez Cécile qui travaillait dans un organisme américain. Comme je ne connaissais rien du métier, c’est elle qui m’a donné le prix à donner à son patron. En plus, j’utilisais leur ordinateur, bureau et connexion Internet. Et le reste, c’est  une histoire riche. Des années plus tard, ils ne sont pas seulement restés des mentors pour moi ; nos liens se sont élargis au cercle familial.

 

 Maître Pierre & Mme Marie-Chantal

 Ayant besoin d’un répétiteur pour sa fille, MCKL demandera à Albert et Cécile s’ils en connaissaient un. C’est comme cela que notre relation a commencé. Un jour, elle me demande : « Daniel, que sais-tu faire d’autre à part encadrer les enfants ». Ma réponse : « Je connais l’anglais ». D’un air douteux, elle me dit : « C’est vrai ça ? Si c’est le cas, passe demain à mon bureau ; on verra bien. ».

Son bureau, c’était chez AngloGold Ashanti à l’époque. Et c’était parti. Elle m’amènera aussi avec elle comme prestataire lorsqu’elle partit chez De Beers. Aujourd’hui, cela ne m’étonne guère que cette femme de rigueur puisse être comptée parmi les 100 femmes les plus puissantes d’Afrique, en plus d’être Directrice Exécutive du Conseil Mondial du Diamant.

Beaucoup de gens pensent que je suis juriste. On m’appelle Maître par-ci par-là. C’est sûrement pour les nombreuses années passées avec Maître Pierre. Lui me faisait tellement confiance qu’il me confiait le portefeuille complet de ses clients anglophones. Et c’est là que j’ai suffisamment côtoyé le monde du droit et du fisc. Une grande école pour la gestion de mes activités d’aujourd’hui et de demain.

 

André Zamundu

 Alias Jason King (il disait que c’était son sobriquet à l’université). C’est avec lui que j’ai commencé à me familiariser avec le monde du business. Je ne me rappelle plus comment nous nous sommes rencontrés, peut-être dans un cyber-café. Comme je devais saisir et traduire des correspondances pour lui, j’ai appris à prendre soin même de mes ongles. Et trouver un parapluie et une farde en plastique pour que les documents ne se mouillent pas quand je sors sous la pluie.

Il n’avait pas peur de grosses affaires. Il était après les appels d’offres internationaux, avec des correspondants dans des pays anglophones, avec qui je devais souvent m’entretenir. Disons que Monsieur André était un businessman élégant, avec un bon français et un bon sens de l’humour. Et le nom de son entreprise, quelle sigle accrochant. « B.E.S.T ». Bureau d’Etudes et des Services Techniques.

 

Prof Kinkela

 Il m’a donné plusieurs cours à la Faculté d’Agronomie, Département d’Economie Agricole. Et comme je venais d’une autre ville du pays, j’étais un produit remarquable. Nos relations ont continué après l’université, car il avait besoin de nos services de traduction. Et avec lui, que tu sois disponible ou pas, il t’envoie quand même des documents.

Ayant travaillé comme consultant de grands hommes d’affaires, dont Dokolo et consorts, il avait beaucoup de conseils à prodiguer en matière de business. (il m’a prodigué et continue encore aujourd’hui à me prodiguer de conseils en matière de business).

 

Adolf Bula et Bernard Mulumba

 Mon beau-père et son vieil ami sont une véritable mine de savoir, de sagesse et de connexions. Assis avec eux, tu as l’impression qu’il te faut prendre un stylo pour ne rien rater ou oublier. Quand tu les regardes, tu vois des gens qui ont vécu plusieurs vies, littéralement. Et l’âge ne les impressionne pas du tout. Plus ils prennent les années, plus ils se découvrent du potentiel et se lancent dans de nouveaux projets. Ils m’ont donné de quoi me lancer.

Jusqu’aujourd’hui, certains de mes clients et certaines administrations ont gardé l’adresse que j’utilisais à l’époque où je squattais le bureau de Papa Bernard à l’Immeuble Le Magistrat. C’est à cause de cela que nous-mêmes aujourd’hui avons créé un espace de travail pour jeunes entrepreneurs à Kalda, conscients que lorsque les gens se lancent, il n’est pas parfois facile de trouver un endroit tranquille et surtout abordable pour réfléchir, planifier et travailler. Une manière pour nous de rendre l’ascenseur.

 

Robert Kiyosaki

 Rich Dad Poor Dad (Père Riche Père Pauvre). Il y a des livres que tu lis et des personnes que tu rencontres qui te transforment à jamais. C’est le cas de Rich Dad. Je m’en rappelle encore aujourd’hui comment cette lecture a révolutionné ma façon d’appréhender le monde du business. Grâce aux réseaux sociaux, je continue à le suivre sur Twitter et autres canaux.

Quelques perles à retenir de lui : Tu ne dois pas travailler pour l’argent, l’argent doit travailler pour toi ; tu n’es pas encore dans le business lorsque le système repose sur toi, au lieu que toi tu te reposes sur le système ; les entrepreneurs créent d’abord des actifs, et se font plaisir par la suite ; l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue quand même ; le talent n’est pas le seul ingrédient, l’éducation scolaire non plus ; l’école ne vous prépare pas toujours à la vraie vie.

 

Keith Ferrazzi

 Pour ceux d’entre vous qui ont déjà assisté au KAMP, eh ben, l’idée m’a été inspirée à la lecture de son livre « Never Eat Alone ». Un champion de l’école des relations. Il vous apprend à tirer le meilleur des conférences ; mieux, à organiser vos propres conférences. C’est curieux de savoir que l’industrie des conférences et événements est l’une des plus grandes machines du business sur le plan mondial.

 

Pasteur Diamant Bob

Depuis que je l’ai écouté pour la première fois en 1995, je continue à être inspiré par ses enseignements jusqu’à ce jour. Mon Pasteur est un homme d’Eglise atypique, profond, pratique, charismatique et flegmatique, homme de foi et peu enclin à la religiosité Il est toute une école en lui-même. Ses messages sont révolutionnaires, mais surtout actuels. Il a créé un institut biblique avec des enseignements de « théologie pratique ».

Côté business, il a également de la matière. Des thèmes comme : « Les enseignements économiques de Jésus-Christ », « L’onction et l’intuition de la multiplication », « Cueillir le jour », et le concept des « Millionnaires du Royaume », tout ceci démontre sa vision de voir émerger des croyants qui sont aussi utiles pour leur société, et qui sont influents partout où ils se retrouvent.

 

Liste non exhaustive

Ça serait prétentieux de ma part de penser lister ici toux ceux qui méritent d’y être. Mais j’aimerais faire une mention spéciale à quelques autres personnes : Dominique Mwepu, Daniel Nzau et Augustin Ndombe qui m’ont formé comme interprète professionnel ; Big Nzuka et sa firme Ishtar/ICF pour notre partenariat privilégié ; Maître Jean-Paul Tshibangu pour ses précieux conseils juridiques ; Serge Kalotshi et John Totoche Vumbi pour leur amitié ; Maman Eudoxie et famille, bailleresse de Kalda depuis plusieurs années, et qui, chose rare au pays, a une fois baissé le loyer en notre faveur ; et enfin mon épouse, Carine Patricia, qui a cru en moi quand je me recherchais encore. D’autres livres, comme par exemple « Life is Tremendous; Leadership is for you » de Charles E. Jones, ont contribué à me forger.

 

Vous aussi avez certainement des personnes qui vous ont soutenu dans votre parcours entrepreneurial ; avez-vous déjà pensé à faire acte de reconnaissance envers elles de l’une ou l’autre manière ? Pensez-y, cela vous grandira et vous gardera humble en même temps.