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Daniel K. Kalonji

La vie de l’école et l’école de la vie

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#ChezMoiAuCongo, les écoles ont rouvert leurs portes depuis peu, après une suspension des cours de presque deux mois depuis les vacances de fin d’année, due à la progression rapide de la deuxième vague de la pandémie du Covid-19.

Cette réouverture est un véritable soulagement pour de nombreux parents qui n’arrivaient plus à jongler entre leur travail quotidien et la tâche nouvellement acquise d’enseignants à domicile, surtout pour ceux dont les écoles envoyaient des travaux pour la maison.

Avec cette expérience, nombreux sont ceux qui ont compris, si besoin en était encore, le dur labeur des enseignants. Respect donc à tous les professionnels de la craie. Ce n’est pas une tâche facile, en effet. De toute manière, aucun travail n’est facile ; à chacun son métier.

Du reste, il existe des pays où le système permet aux parents qui le désirent, d’encadrer leurs enfants à la maison (home-schooling), et de ne les inscrire sur les listes officielles uniquement pour leur permettre de passer les examens. Et ça marche pour eux.

 

Education vs Instruction

Entre des parents qui sont fatigués d’encadrer leurs enfants à la maison, d’un côté, et ceux qui ne veulent pas les envoyer à l’école, mais préfèrent les encadrer eux-mêmes, de l’autre, se pose encore une fois de plus la question fondamentale de la distinction entre l’éducation et l’instruction, et donc de la perception de l’école dans la société vis-à-vis de la famille. Au-delà, il y a aussi le rôle que les uns et les autres sont prêts à jouer et ce qu’ils sont prêts à déléguer.

Néanmoins, cela ne constitue pas l’objet de notre échange, car nous l’avions déjà discuté dans une autre publication ou même dans deux. Ici, nous voulons nous pencher sur ce qu’est la finalité recherchée dans l’une comme dans l’autre, c.à.d. l’éducation et l’instruction. Et aussi, comme cela se reflète sur l’esprit entrepreneurial des enfants, encore à l’école ou au sortir de celle-ci.

Si les parents et d’autres forces sociales se sont préoccupées de la suspension prolongée des écoles et ont fait un plaidoyer pour leur réouverture, c’est en raison du fait que l’école joue un rôle prépondérant dans la préparation de la jeunesse pour son avenir.

Toutefois, l’école à elle seule ne peut pas, et ne doit pas porter cette responsabilité. Les parents, qui sont les premiers éducateurs ne peuvent pas se délester de leur devoir primordial d’encadrer et d’orienter leur progéniture sur le chemin qu’ils doivent suivre.

 

Entrepreneuriat au programme scolaire

Depuis quelques temps, de nombreuses voix appellent à l’intégration des cours d’entrepreneuriat dans le cursus scolaire. En effet, l’on estime que les enfants doivent être préparés à l’école de la vie pendant leur vie à l’école. Ce plaidoyer est de plus en plus populaire.

Cependant, il est important de s’assurer que ceci se fasse dans les normes, et non seulement parce que l’entrepreneuriat est devenu comme un phénomène de mode ou un concept qui se vend bien.

L’entrepreneuriat, c’est d’abord une culture, une façon de penser et de prendre les choses. Par exemple, tant que l’échec scolaire sera considéré comme quelque chose à rebiffer, comment espérer former des entrepreneurs à l’école? L’échec est en effet un passage obligé de tout entrepreneur à succès ; l’histoire regorge des exemples. Celui qui n’a jamais échoué, n’a jamais rien appris !

Un aîné et mentor s’interrogeait dernièrement : « Pourquoi un enfant de première primaire doit-il redoubler de classe ? » A y regarder de près, c’est parce qu’on travaille sur un système des points plutôt que de développement et d’orientation de l’enfant selon ses aptitudes.

Avec une telle attitude, même en introduisant des leçons d’entrepreneuriat, si l’environnement dans lequel évolue l’enfant n’est pas changé, et si les critères d’évaluation ne sont pas remis en question, on produira un entrepreneur raté. Comme il aura appris à étudier pour gagner des points, il travaillera pour gagner de l’argent, et non pour se développer et développer son monde.

Sinon, pourquoi est-ce que les meilleurs entrepreneurs de la place sont ceux qui ne s’en sortaient pas bien à l’école dans la plupart des cas ? Souvent on en parle en riant, alors que le véritable problème se trouve justement là. Entre la vie de l’école et l’école de la vie, il y a comme un grand fossé.

Il faut donc commencer par changer de paradigme. J’ai l’habitude de dire à mes enfants, il ne suffit pas de me ramener de bons points, ou même être premier de classe. Cela ne m’importe pas vraiment, car au-delà de tout ça, il faut développer des attitudes vitales pour la réussite en société. Les deux ne s’excluent pas ; mais si l’un est une condition nécessaire, l’autre est une condition suffisante. Voilà qu’il faut avoir été à l’école pour l’apprendre.

Persévérance : théorie et pratique

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La persévérance et le tact, disait Benjamin Disraeli, ancien premier ministre britannique, sont deux grandes qualités pour ceux qui veulent aller plus haut, particulièrement pour ceux qui veulent se démarquer de la foule. Quoi de plus utile en temps difficiles qu’une bonne dose de persévérance.

Mais la persévérance, pour qu’elle marche, a besoin de s’agripper à quelque chose de sûr. Lorsque vous pouvez voir où vous allez, il est plus facile de tenir bon, même quand, sur le parcours, vous rencontrez des complications. .

Loin de moi, l’intention de donner des leçons sur la persévérance en ce début d’année, je désire plutôt partager une expérience vécue, dans l’imaginaire et dans le réel.

 

I have a dream

Il y a quelques années en arrière, je fis un rêve. Je me retrouvais comme étudiant à l’université et j’assistais à un cours très difficile. C’est le genre de cours où vous vous demandez si vous y réussirez un jour, et si vous finirez même par obtenir votre diplôme.

Hormis le fait que le cours était très difficile, tous les sièges des premiers rangs étaient soit occupés, soit réservés pour d’autres personnes. En outre, le professeur parlait à voix basse, comme s’il chuchotait ; de sorte que seuls ceux qui étaient assis à l’avant pouvaient l’entendre. Il était difficile de trouver un siège à l’avant. En dehors de cela, je réalisai aussi que je n’avais pas assisté à toutes les leçons du cours, et donc une bonne partie de la matière m’échappait. Une conjugaison des difficultés qui diminuait la probabilité de réussir.

Pourtant, tout en faisant ce rêve, j’étais conscient que, malgré tous ces défis, la vérité était que j’avais déjà terminé mes études et obtenu mon diplôme. C’est comme si je revivais le passé dans mon rêve ; je revoyais le processus par lequel j’étais passé pour obtenir mon diplôme ! Tout en suivant ce cours, avec les difficultés et défis inhérents, je savais néanmoins que j’avais déjà terminé mes études.

Cela étant, je me posais la question, dans le rêve, de savoir comment j’avais réussi à surmonter toutes ces difficultés et obtenir mon diplôme. Au moins, une chose était sûre, c’est que j’avais déjà terminé. Je vivais une scène préenregistrée.

Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est que, même étant conscient en ce moment-là d’avoir déjà terminé, je n’arrivais toujours pas à m’empêcher de sentir la peur de l’échec et des défis auxquels j’étais confronté pendant le cours !

 

Quand je me suis réveillé, et en réfléchissant au rêve, je m’étais dit que c’était exactement ce qui se passait dans notre vie quotidienne.

Vous remarquerez que dans mon rêve, même si je savais que j’avais déjà mon diplôme, je ne pouvais m’empêcher de paniquer et d’avoir peur, en me demandant si j’y arriverais.

Oui, il est tout à fait normal de se poser des questions lorsque les choses tournent mal, mais il faut garder à l’esprit l’objectif final. Qu’aviez-vous vu dans votre esprit avant de vous lancer dans ce projet, dans cette entreprise ? Tenez-vous en à cela malgré les hauts et les bas. Il ne suffit pas de le savoir dans sa tête, c.à.d. dans son intellect, mais il faudrait surtout le croire dans son esprit.

Garder en vue l’objectif final est, à ce que je sache, l’un des attributs d’un leader. C.à.d. voir la fin et revenir au commencement pour conduire votre équipe dans le processus, lui peindre le tableau de ce que vous avez vu dans le futur.

 

Du rêve à la réalité

Peut-être que tout ceci est facile en théorie, me diriez-vous. Mais voici comment j’ai vécu cette même situation en pratique.

J’étais encore étudiant en première année de graduat à l’université. Un de nos professeurs avait décidé que tout étudiant qui obtiendrait 8/10 à sa première interrogation de l’année serait dispensé (c.-à-d. exempté) de toute autre interrogation subséquente et même des travaux pratiques. L’étudiant n’aura plus qu’à passer l’examen de fin d’année pour ce cours.

Il se trouva que j’obtins les 8/10 requis. Et donc, je reçus l’exemption, autrement appelée dispense. Mais lorsque vint l’Assistant avec les travaux pratiques, ce fut comme du terrorisme académique. Il était très dur avec nous, nous menaçant et nous disant que si nous n’assistions pas à ses séances de travaux pratiques, nous allions échouer. Echouer non seulement sa branche, mais aussi notre carrière universitaire dans son ensemble.

C’était très embêtant d’entendre tout cela. Parfois, je ne savais pas quoi faire. Bien sûr que je devais participer aux séances pratiques, mais je n’avais aucune obligation de déposer des TP ou autres. Mais l’Assistant insistait.

Avec toute cette pression, il m’arrivait parfois de remettre en question la promesse du Professeur. Qu’allait-il se passer ? Et si l’Assistant transmettait la liste des notes avec une mauvaise mention nous concernant ?

Mais au fond de moi, je me disais que le Professeur avait le dernier mot. Il fallait le croire sur parole. Et c’est ce qui arriva. Malgré les gesticulations de l’Assistant, je n’eus besoin que de passer l’examen en fin d’année. La note obtenue à l’interrogation et celle de l’examen constituait une bonne cote pour l’ensemble du cours.

 

Toutefois, il se fit que malgré ma réussite dans ce cours, je devais quand même reprendre l’année, car ma moyenne générale n’était pas satisfaisante dans tous les cours.

A la reprise des cours l’année suivante, le Professeur revint à la charge. Il annonça que tous les étudiants qui reprenaient l’année (bisseurs, comme on les appelait), mais avaient réussi dans son cours l’année précédente étaient complètement dispensés pour la nouvelle année. Nous voilà donc dégagés de ce cours pour toute l’année académique, sans avoir besoin d’assister ni aux cours ni aux travaux pratiques, ni de passer les examens pour cette matière.

Mais c’était sans compter avec l’Assistant. Le voilà répéter les mêmes menaces. Mais malgré cela, à la fin de l’année, le Professeur nous remit les mêmes notes que l’année précédente.

 

Ces deux expériences, théorique et pratique, m’ont appris à m’armer de persévérance. Lorsque l’issue nous est connue, il nous est plus facile de continuer la marche et de braver les difficultés, défis, menaces et autres, à condition toutefois d’avoir une bonne vision.

Qu’avez-vous vu ? Qu’avez-vous entendu ?

 

Kalda Group vous présente ses meilleurs vœux.

Bonne Année 2021 !

S’attendre au meilleur, se préparer au pire

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L’année 2020 touche bientôt à sa fin. Elle aura été une année de beaucoup d’évènements, avec en exergue une pandémie qui aura pris le monde de court. A part peut-être quelques esprits avertis, très peu de gens pouvaient prédire les choses telles qu’elles se sont produites. Confinements, Etats d’urgence par-ci, couvre-feux par là, économies entières bloquées, aéroports fermés, première vague, puis deuxième vague…

Lorsque l’humanité célébrait le Jour de l’An et la fin de 2019, comme d’habitude, c’était des moments d’euphorie, des meilleurs voeux et que du bonheur. Mais il y avait peu ou pas de probabilité de se douter d’un pareil tournant. Ceci ne veut pas dire que les gens s’attendaient à ce que tout dans la vie serait rose. La vie, on le sait, est faite de hauts et de bas, de bons jours et de mauvais jours, on inspire et on expire ; c’est cela le cycle de la vie, et tout le monde le sait. 

Mais seulement, qui pouvait penser que ça serait à ce point ? Et c’est effectivement là que se pose le problème. Lorsqu’il s’agit de faire les projections du futur, la tendance naturelle est de n’envisager souvent que les meilleurs scénarii. Et ce n’est que normal. Qui en effet planifierait de se marier pour vivre des difficultés, de lancer un projet pour échouer, de monter une entreprise pour faire faillite, de concourir à une élection pour perdre, d’aller en compétition pour ne pas gagner de trophée … ?

Leçons de mariage

L’exemple du mariage est éloquent à ce sujet. Depuis leurs fiançailles jusqu’au jour de la bénédiction nuptiale, les jeunes tourtereaux sont dans un parfait état de grâce. Ces amoureux regardent la vie avec beaucoup d’optimisme et ils ont raison de le faire. Pourtant, lorsqu’ils vont faire le serment l’un envers l’autre, ils vont bien devoir dire à un moment : « … dans les bons comme dans les mauvais jours… ». Cette déclaration semble comme un cheveu dans la soupe. Qui a eu cette idée de venir gâcher la fête avec des allusions négativistes ?

Mais ceci veut-il dire qu’on leur souhaite le malheur ? Nenni. C’est juste qu’on voudrait les prémunir afin qu’ils soient (pré)-parés à toute éventualité, pour ne pas être pris au dépourvu si, ou mieux, quand une adversité viendrait à se produire. Cette expression est donc un appel à la préparation, afin de prendre des dispositions pour ne pas se laisser surprendre par les évènements. Et cette préparation doit être sérieuse, car les mauvais jours ne sont pas un jeu d’enfants.

Entraînement avant compétition

Les sportifs connsaissent certainement mieux cette réalité. Il est vrai que les matchs officiels, surtout lors des étapes avancées des quarts, demis ou finales, sont souvent pleins d’intensité, de pression et d’engagement tant physique qu’émotionnel. Mais cela n’est rien comparé à la rigueur qu’ils subissent aux séances d’entraînement de ces matches. Vous verrez par exemple certaines images de préparation où les joueurs se voient attachés autour des hanches des cordes reliées à des poids qu’ils doivent tirer. Personne néanmoins ne s’attend à voir pareille scène lors du match proprement dit. 

Seulement, le coach, le staff technique et leurs poulains sont conscients du fait que s’ils veulent mettre toutes les chances de leur côté, ils doivent se préparer et se soumettre à des conditions parfois au-delà de la limite du supportable. Mais qu’ont-ils en vue ? La victoire. Ils veulent gagner ce match, et ils sont prêts à donner leur tout, voire au-delà. Ils espèrent la victoire, mais ils savent que le prix à payer peut être élevé. Mais parfois aussi non. Il peut se faire que l’adversaire en face soit prenable. Mais ceci ne doit en rien bâcler leur entraînement, car on ne sait jamais ; l’équipe en face peut avoir mangé du lion ce jour-là ; et c’est là que de grandes équipes se font parfois surprendre.

L’expérience qui rend sage

Comment sera 2021, ou 2022 ou les années à venir ? Personne n’en a vraiment la réponse. Tout le monde ne peut qu’en espérer le meilleur. Mais l’expérience de 2020 aura été comme un réveil brutal pour tous ceux qui avaient oublié le principe. 

En tant qu’entrepreneur, vous êtes appelé à faire des prévisions ; que ce soit les prévisions annuelles ou alors pluri-annuelles, par exemple dans le cas où vous élaborez un plan d’affaires. Lorsque vous arriverez à l’étape d’évaluer le SWOT ou FFOM (forces, faiblesses, opportunités et menaces) pour votre projet ou entreprise, ne faites pas la politique de l’autruche, pour éluder la réalité. Tout en souhaitant une issue heureuse de votre projet, relevez aussi les possibilités de revers et comment vous comptez vous y prendre, le cas échéant.

Cette réflexion me rappelle un récit biblique assez intéressant à ce sujet. L’armée du Roi Josaphat devait aller dans une guerre où Dieu leur promettait déjà la victoire sans qu’ils n’aient à combattre. Cependant, Dieu leur demanda aussi d’amener leurs troupes et de les positionner là sur  le champs de bataille. Quel contraste ? Ils espéraient la victoire, mais devaient aussi se préparer à toute éventualité (2 Chroniques chapitre 20, verset 17, première partie).

Kalda Group saisit cette opportunité pour vous souhaiter une bonne saison festive et vous présenter ses meilleurs voeux pour 2021.

Prenez aussi bien soin de vous, dans le respect des mesures barrières. 

7 caractéristiques de la nouvelle génération qui réussit

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Il y a des termes ou concepts qui peuvent facilement mener à des allusions polémiques. Par exemple lorsqu’on parle de nouvelle génération, cela peut sous-entendre un conflit de générations avec une autre plus ancienne. Mais il ne s’agit pas de cela. Ici, il n’est pas question d’âge physique, mais plutôt d’une manière de réfléchir.

Dans notre récente publication, nous avions commencé à parler de cette différence (ou sept différences) dans la façon de réfléchir telle que cela est typifiée dans la parabole dite du fils prodigue (Evangile de Saint Luc, chapitre 15, versets 11 à 32). Entre les deux frères, il y a une démarcation nette de vision et de perspective.

Ayant abordé les 3 premières différences précédemment, nous poursuivons ici avec le reste.

 

  1. Apprendre des erreurs vs ne pas tirer les leçons des échecs

Lorsqu’il avait fini de dilapider la richesse de son père, le fils cadet s’est retrouvé dans une situation très difficile. Dans cette précarité, il arrivait à peine à trouver de quoi mettre sous la dent. C’est à ce moment qu’il a fait quelque chose d’intéressant. Le récit dit qu’il est « rentré en lui-même ». En d’autres termes, il a fait une introspection, un examen de conscience, une remise en question personnelle.

Ceci montre que ce jeune homme n’avait pas une mentalité de victimisation. Les victimes trouvent la cause de leurs problèmes partout sauf en eux-mêmes. Mais il s’est placé devant ses responsabilités. Ceci s’apparente à une mentalité de champion. Les vrais champions se remettent toujours en question, ou autrement dit, ils remettent toujours leurs titres en jeu. Remettre son titre en jeu est une autre façon de s’évaluer, de se dire : « Suis-je toujours aussi bon ? Me suis-je amélioré ou ai-je régressé ? ».

Du côté de son grand-frère, on remarque un manque de remise en question. Avec cette attitude, il est presque certain qu’il soit appelé à commettre les mêmes erreurs sans s’arrêter pour s’interroger sur les causes réelles de ses malheurs.

Notez que lorsqu’il revient des champs, et qu’il trouve le festin organisé pour son frère retrouvé par leur père, il se plaint auprès de ce dernier que celui-ci ne lui a jamais rien donné pour qu’il s’égaye avec ses amis. Or, plus haut, il nous est clairement signalé que leur papa avait partagé son héritage entre ses deux fils. Donc, cet aîné avait reçu sa part, mais pourquoi ne pouvait-il pas l’utiliser pour s’égayer avec ses amis comme il le voulait ? Il devait se poser les bonnes questions pour ne pas continuer à vivre dans la privation alors qu’il avait une provision à sa disposition.

 

  1. Recherche de solutions vs Plaintif

Rechercher les solutions, ou être orienté solutions est un grand atout dans la vie. C’est en fait une étape qui vient après la prise de conscience : que puis-je faire pour sortir de cette situation ?En anglais on dit être solution-minded.

Le jeune homme s’est dit : « Je me lèverai, j’irai vers mon père ». Il n’est pas resté là à s’apitoyer sur son cas, à condamner ceux qui lui avaient soutiré son argent, mais il a examiné sa situation pour trouver une voie de sortie ; peut-être imparfaite. Comme disait quelqu’un : « Seul un véhicule en mouvement peut changer de direction ».

 

Mais l’on voit son grand-aîné verser dans des plaintes. En plus, il refuse de se joindre aux autres pour festoyer ; toujours dans cette attitude de bouder, de ronchonner, de trouver à redire sur ce qui ne va pas bien, sans pour autant proposer des solutions.

 

  1. Négociateur vs Radical

Se sachant fautif, c.à.d. en position de faiblesse, le frère cadet a adopté une stratégie pour s’assurer qu’il puisse obtenir un tant soit peu. Il prend la résolution de retourner chez son père sans intransigeance, mais en offrant de devenir même serviteur pourvu de gagner son pain quotidien.

La capacité de négociation est une aptitude utile à développer, surtout lorsque les circonstances vous sont défavorables. Ce qui est important c’est savoir trouver des compromis sans tomber dans la compromission. C’est un véritable exercice d’équilibriste. Comment négocier un contrat avec un client difficile, sans perdre l’opportunité, mais sans non plus mettre en péril son business par exemple.

Mais vous remarquerez que le frère aîné affiche une attitude hostile et intransigeante. Il se met en colère et ne veut pas entrer dans la salle de fête. Comme on le dit souvent, la politique de la chaise vide ne paie pas. Pourquoi ne pas d’abord entrer et commencer à négocier par la suite, au lieu de tout rejeter en bloc et s’isoler ?

 

  1. Viser le sommet vs Viser bas

Lorsque la situation a mal tourné dans le pays de ses rêves où il avait émigré, le benjamin s’était résolu de rentrer au pays et aller parler à son père, c.à.d. à la plus haute autorité de la famille, la personne qui avait le dernier mot. Il n’a pas pensé à passer par un oncle pour intervenir en sa faveur, ou au meilleur ami de son père, non plus. Il a visé le top, et il a obtenu des résultats.

De l’autre côté, on voit son frère revenir des champs et c’est à un serviteur qu’il décide de s’adresser. Il ne prend même pas la peine de faire venir son père pour avoir une meilleure version des faits. Il se limite à la version du serviteur et se met en colère.

Un entrepreneur avisé saura que lorsqu’il recherche d’entrer en contact avec une organisation donnée, un potentiel client ou une telle administration, il tâchera d’en atteindre la personnalité la plus élevée possible. Pourquoi ? Parce que parfois, la plupart de dossiers, demandes de rendez-vous, demandes d’emploi que l’on se limite à déposer à la guérite ont la chance de finir dans les poubelles.

S’il est possible, rechercher à travers vos relations s’il y a une personne que vous connaissez qui connaît une personne qui connaît aussi une autre personne qui connaît le chef. Rassurez-vous, il y a un principe qui dit que l’on est toujours à plus ou moins six personnes de n’importe qui dans le monde. C’est prouvé. Essayez seulement et vous verrez par vous-même.

 

Il y a certainement d’autres leçons que cette parabole du fils prodigue peut nous enseigner. A la fin, on se demanderait même, au vu des enseignements que nous apprenons de lui, si on ne devrait pas le qualifier plutôt de Fils Prodige. A chacun de nous de s’en approprier dans son parcours entrepreneurial pour aller de l’avant et savoir rebondir.

Entrepreneur prodige

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C’est (finalement) la rentrée des classes dans mon pays, après plusieurs péripéties dues à la pandémie du Covid-19. Et comme chaque année à cette période, nous nous faisons le devoir de cogiter sur un thème qui concerne la jeunesse et l’entrepreneuriat. La rentrée, certes, mais pas que pour l’école ; c’est en même temps la rentrée politique, parlementaire, footballistique, solaire (eh oui, la chaleur est de retour, avec les pluies aussi), et que sais-je encore. Toutefois, l’école des enfants rythme, à bien d’égards, notre quotidien. (nos vies de tous les jours).

Ces jeunes et moins jeunes ne constituent-ils pas la majorité de notre population ? C’est dire que nous avons l’obligation de nous en occuper, mais aussi, nous avons une opportunité d’apprendre d’eux. Le Christ n’a-t-Il pas dit que le Royaume des Cieux appartient à ceux qui ressemblaient aux enfants ? De par mon expérience passée en tant qu’encadreur et répétiteur, j’ai appris que les enfants sont une véritable école, un vrai miroir pour nous adultes souvent altérés et endurcis par les dures réalités de la vie.

 

Enfant prodigue et prodige

Toujours dans les évangiles, le Christ raconte dans une parabole, bien connue de plusieurs, l’histoire d’un père avec ses deux fils (Evangile de Saint Luc, chapitre 15, versets 11 à 32). Le cadet se réveilla un matin et demanda sa part d’héritage à son père, prit ses clics et ses clacs et s’en alla dans un pays lointain, où mal lui en prit, après avoir gaspillé toute sa fortune. Réalisant sa faute, il décida de revenir vers son père, non plus comme fils mais comme domestique afin de trouver ne fut-ce que de la nourriture qui lui manquait là où il était parti. De manière surprenante, son père l’accueillit avec la plus grande joie, et fit organiser pour lui un festin, au grand dam de son frère aîné. En revenant des champs, ce dernier se plaint de cette sorte de prime à la mauvaise gestion de son puîné, alors que lui le bon enfant ne recevait aucun égard.

Il est intéressant de noter que le qualificatif d’« enfant prodigue » ou « fils prodigue » n’apparait nulle part dans le récit. Ce sont probablement les commentateurs et exégètes qui le lui ont collé, effectivement au vu du caractère plutôt bon viveur du jeune homme. Cependant, sans me verser dans des interprétations théologiques, je voudrais tirer, pour le bien de la promotion à l’entrepreneuriat, les leçons que ces deux jeunes gens, aîné et puîné, ont à nous apprendre aujourd’hui. Un autre regard sur le cadet nous fera découvrir des traits plutôt appréciables chez lui, et l’on s’étonnerait aussi de voir que son frère qui se prenait pour un saint a aussi des défauts, et pas de moindres.

 

Les 7 caractéristiques d’un entrepreneur qui réussit

Vous connaissez peut-être les 7 habitudes des gens efficaces de l’illustre auteur américain Stephen R. Covey. Mais ce n’est pas de cela dont il s’agit ici. Nous allons plutôt établir un comparatif entre les deux enfants de la parabole, et comment ils ont agi ou réagi face à une situation donnée, qui fait d’eux soit des gagnants, soit des losers.

 

  1. Fonceur vs Attentiste

D’entrée de jeu, nous remarquons que le cadet a une attitude de quelqu’un qui prend l’initiative. Il se lance dans la quête de son héritage auprès de son père. Il sait que dans la vie, il ne suffit pas d’attendre, il faut aussi atteindre.

Son frère aîné par contre attend que les choses lui arrivent. On ne le dit pas souvent dans les prédications sur ce sujet, mais le fait est que celui-ci avait aussi reçu sa part d’héritage de leur père.

Nous comprenons même par-là que le fait pour le cadet d’avoir demandé sa part d’héritage à son père n’était pas mauvais en soi ; sinon, pourquoi le père avait aussi donné au grand frère alors que ce dernier n’avait rien demandé ? Peut-être même que le père attendait que celui-ci lui demande, mais il n’en fut rien ! C’est le cadet qui en prit l’initiative, et leur père s’exécuta.

 

  1. Innovant vs Traditionnaliste

Lorsqu’il reçoit sa part d’héritage, le cadet prend la décision de se rendre dans un autre pays. Je dirais même qu’il partit du village ou de la campagne et alla s’installer dans une ville. Nous voyons plus loin dans le récit que le grand frère revenait des champs. Donc, cette famille vivait très vraisemblablement à la campagne. Il n’y a rien de mal à vivre à la campagne ; seulement ici, nous voulons ressortir le fait que le jeune a décidé d’essayer quelque chose de nouveau !

Il est à remarquer que l’aîné est resté au même endroit, avec tout son argent qui lui est tombé dessus comme une aubaine, une loterie. Il a attrapé des millions, mais il n’est pas devenu millionnaire. Avoir des millions c’est une chose ; être millionnaire en est une autre. Être fauché est temporaire, mais être pauvre, c’est permanent, parce que c’est dans la tête.

Pourquoi faire et vivre toujours les mêmes choses, tout en restant au même endroit ? A Kinshasa, on dit : « né et grandi ». N’est-il pas possible de voir ailleurs ? Il ne s’agit pas nécessairement de voyager physiquement, quoique. Mais tout commence dans la tête. Un célèbre auteur que j’ai lu il y a plus de 20 ans disait : « Vous ne pouvez pas bouger à l’intérieur et rester statique à l’extérieur ». La tradition est bonne, mais être traditionnaliste, c’est ce qu’il faut éviter. Un sage disait : « La tradition, c’est l’héritage vivant de ceux qui sont morts ; le traditionalisme, c’est l’héritage mort de ceux qui sont encore vivants ».

 

  1. Prise de risques vs Crainte de risques

Quand le cadet reçoit son pactole, il décide de se rendre dans un milieu inconnu. C’est tellement inconnu pour lui à tel point qu’il se fait rouler et perd tout son argent. Néanmoins, retenons que ce garçon a le sens du risque. Bien sûr, un entrepreneur n’est pas un casse-cou ; il apprend à prendre des risques mesurés, calculés. Mais il les prend quand même.

Quant au frère aîné, il choisit de rester au village. Pour lui, pas la peine de prendre des risques. Il ne veut pas s’exposer à des choses qu’il ne maîtrise pas. Mais comment arriverez-vous à maîtriser les choses auxquelles vous ne vous exposez pas ? Il y a un début en toute chose ; il y a toujours une première fois. Apprendre à marcher, pour les enfants, c’est un risque, mais cela ne les arrête pas.

L’entrepreneuriat est intimement lié à la prise des risques. Rien ne garantit que les choses vont tourner comme vous les planifiez. Mais prendre des risques vaut la peine. Comme on le dit souvent : c’est risqué de ne pas risquer. Ne pas choisir c’est aussi choisir.

A suivre

Bancarisation des idées

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Évangile de Saint Matthieu au chapitre 25, versets 14 à 30. L’évangéliste nous rapporte l’un des récits les plus connus da la Bonne Nouvelle. Il s’agit de la Parabole des Talents. Le Christ raconte l’histoire d’un patron qui, avant de s’en aller dans un long voyage, remet un capital à ses trois employés, chacun selon sa capacité. Le premier reçoit cinq talents, le deuxième en reçoit deux et le troisième un.

Dès son départ, les deux premiers se mettent au travail et fructifient leur capital jusqu’à le multiplier par deux. Mais le troisième agent prend une toute autre décision, et une mauvaise : il décide d’aller enterrer son talent. Au retour du patron, celui-ci congratule les deux premiers pour leur comportement industrieux et leur donne à chacun une promotion. Quant au troisième, il est sévèrement réprimandé par son patron pour sa fainéantise, licencié avec effet immédiat et privé de toutes indemnités de sortie, lesquelles sont redistribuées en prime au Most Valuable Performer (MVP) ou travailleur le plus performant.

Une des leçons les plus poignantes de ce récit se trouve dans les reproches faites par le patron à l’agent 003. Écoutez ce que lui dit son chef : « Mauvais employé, paresseux ! … Tu aurais dû placer mon argent à la banque et, à mon retour, j’aurais retiré mon capital avec les intérêts. »

Tout part d’une idée

Les entrepreneurs et promoteurs de projet travaillent toujours à partir d’une idée. Parfois c’est une innovation, parfois une amélioration ou une adaptation. Et puis ils se lancent dans le monde des affaires ; certains d’abord dans la planification, d’autres directement dans l’action. Mais il y en a d’autres qui n’en restent qu’à l’étape d’idées, sans pouvoir vraiment se lancer un jour.

Aujourd’hui, il y a de plus en plus des incubateurs et accélérateurs de projets. Pour la plupart, ils servent de première base-arrière aux entrepreneurs en formation. Il y a également des programmes de premier financement qui accordent une enveloppe pour permettre aux projets de démarrer, soit à titre philanthropique ou même participatif (c.à.d. en obtenant des actions dans la nouvelle entreprise). Il y a aussi les banques qui accordent des prêts (crédits) aux promoteurs.

Cependant, quelle que soit la forme que prendra le financement, il se fait normalement sur une base économiquement viable. C.à.d., le promoteur doit prouver, de manière vérifiable et contradictoire (au sens juridique du terme), que son projet ou son idée peut tenir le cap et se développer si des capitaux y sont injectés.

Savoir transformer

Maintenant, il ne suffit pas d’avoir une idée. Et d’ailleurs, vous noterez qu’il n’y a personne qui invente une idée. Les idées sont comme des concepts qui se déplacent dans l’air et qui se posent sur les hommes au gré de leurs capacités de perception.

Une idée ainsi reçue est comme un talent qui vous est confié. A la lumière du récit de la parabole évoquée ci-haut, vous avez la responsabilité de pouvoir la fructifier. Ou sinon, et à la limite, c.à.d. à défaut de la fructifier, l’on attend de vous que vous puissiez ne fut-ce que la déposer dans une banque pour qu’elle produise des intérêts.

Vous pouvez poser la question : « Comment déposer une idée dans une banque pour qu’elle produise des intérêts ? » Mais avant même de penser aux intérêts, l’autre question est : « Comment faire en sorte que la banque reçoive votre idée ? »

C’est ici qu’intervient la notion de business plan.

Entreprise vs Entrepreneur

Une des exigences de l’entrepreneuriat, c’est la démarcation entre la personne de l’entrepreneur et son entreprise. Et monter son business plan est une expression réelle de cette volonté. En établissant un business plan, l’entrepreneur est passé comme par une sorte d’accouchement. Il a libéré toute la pensée qu’il y avait en lui autour du projet, son originalité et son bien-fondé, sa compréhension, ses contours, ses différences et particularités, son marché, ses forces, faiblesses, opportunités et menaces (FFOM/SWOT), et autres aspects pertinents, notamment l’organisation de l’entreprise.

Un Business plan ou plan d’affaires permet de calculer la dépense, c.à.d. évaluer les besoins financiers du projet et comment ceux-ci seront déclinés sous différentes formes (financements, flux de trésorerie, prévisions annuelles, amortissements…).

Une fois ceci fait, ce projet ainsi ficelé peut être compris et même opérationnalisé par des personnes autres que le promoteur. Certains trouvent que c’est un risque, car ils peuvent se faire voler leur idée. Mais ceci n’est pas totalement vrai, car il y a également moyen de s’en prémunir, notamment grâce à des mécanismes juridiques établis de protection de la propriété intellectuelle.

Ce processus est capital et fondamental, car il vous permet d’évaluer la valeur (permettez la tautologie) de votre idée. En déterminant même d’une manière estimative les besoins de financement de votre projet, vous saurez combien vous pouvez rechercher auprès des sources externes prochaines (familles, amis) ou lointaines (banques, investisseurs, capitaux participatifs).

 

Passer par tout ceci est la première étape et constitue la moindre des actions qu’une personne peut entreprendre lorsqu’elle reçoit une idée, qui est en elle-même une véritable richesse, une mine, un talent, un potentiel.

C’est avec raison que l’on dit : « Une idée, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration ».

Apprendre, Comprendre, Entreprendre

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S’il y a quelque chose que la pandémie du coronavirus (Covid-19) aura réussi à imposer à tout le monde avec son apparition, c’est bien d’arrêter ou alors de ralentir le train-train de la vie et des activités quotidiennes. Les gens se sont retrouvés désagréablement confinés à la maison. Mais tout désagrément dans la vie a souvent aussi un bon côté. Le défi, c’est de découvrir ce bon côté alors que l’on est aux prises avec la souffrance, la difficulté, la douleur, la déception ou la privation.

Mais alors qu’on s’arrête ou qu’on ralentisse notre rythme de vie et de travail, nous commençons à reconsidérer les choses. C’est en effet un moment d’évaluation et de remise en question, personnelle, et pourquoi pas collective. Tout de même, à part les désagréments causés par cette perturbation (ou disruption comme on le dit en anglais), ceci est une bonne occasion de nous examiner et tirer les leçons qui s’imposent. Si cet exercice est mené à bien, il y a de fortes chances de repartir sur de meilleures bases.

Tout commence, ou autrement, recommence par cette étape initiale et cruciale de prise d’informations. Si l’on en est arrivé là, c’est parce qu’il y a certainement des choses qui nous ont échappé, des paramètres que nous n’avons pas maîtrisés ou intégrés dans l’équation. Quels sont-ils ? Parfois, cela peut être des facteurs extérieurs, mais qui influent indubitablement sur notre activité. Avions-nous un plan de contingence en place pour assurer une flexibilité et de la résilience ?

Puis vient ensuite l’analyse des informations collectées. Parce qu’il ne suffit pas seulement de collecter des informations ; il faut aussi les faire parler. Ici, il est question d’établir le lien entre des éléments parfois disparates et sans rapport les uns avec les autres. Néanmoins, il faut aller au-delà des évidences pour dégager des modèles. C’est un peu comme dans une enquête policière : un indice par-ci, une preuve par-là, mais avec un bon flair, ou comme qui dirait un sixième sens, on arrive à ressortir des relations des choses.

Il ne s’agira pas de s’arrêter en si bon chemin. Le processus ne devient complet que lorsque l’on décide de prendre des mesures en fonction des outputs de notre analyse de faits. Et à ce niveau, les actions exigeront nécessairement du courage, car il sera question d’apporter un changement, introduire de nouvelles solutions, différentes de celles connues avant la survenue de la crise.

A y regarder de près, ce triptyque est fondamental à la pratique de l’entrepreneuriat. En réalité, l’entrepreneuriat est l’aboutissement de ce processus. Si l’une des étapes est négligée ou oubliée, l’entrepreneur ne pourra pas obtenir les résultats escomptés. Vu sous cet angle, il ne serait pas exagéré d’affirmer que n’est pas entrepreneur qui le veut, ou qui s’autoproclame comme tel. C’est vrai, l’entrepreneuriat est parfois devenu comme un phénomène de mode : conférences, webinaires, coachings, incubateurs… Tout ceci est bien, mais si la formule n’est pas respectée, le résultat sera mitigé.

 

Clé de la créativité

Paradoxalement, au lieu d’être une contrainte, le trio « apprentissage-compréhension-entreprise » est source d’épanouissement pour celui/celle qui s’y prête, car il assure de la fraîcheur dans les idées. C’est comme un cycle par lequel on est en constante régénération. Et l’entrepreneur qui le pratique est comme dans une récréation continuelle. Récréation au sens technique du terme, c.à.d. il y a toujours du nouveau dans sa personne et ses activités ; mais aussi récréation au sens social du terme, c.à.d. il se détend tout en travaillant. Avez-vous déjà entendu parler des gens qui sont passionnés par leur travail ? Voici un de leurs secrets.

Je comparerais ce cycle avec le fait de manger. Et manger est un plaisir pour tout un chacun de nous. Je dis souvent qu’on ne peut pas manger et être fâché en même temps. C’est presqu’impossible. Lorsqu’on ouvre la bouche pour ingérer la nourriture, nos muscles faciaux se détendent automatiquement 😊.

Mais ce n’est pas cela le point. Le voici : bien que manger soit une nécessité et un plaisir, il est d’abord le résultat d’une crise, c.à.d. de la faim ! Mais voyez comment se déroule le processus : Pour manger, nous collectons de la nourriture ; une fois ingurgitée, notre organisme se charge de faire les mélanges, c.à.d. de raccorder différents éléments éparses. Après cette activité métabolique, le système tire ce qui est nécessaire au fonctionnement de l’organisme, et rejette le reste.

 

Je suis, puis tu es

Ceci étant, l’on comprend alors que l’on ne devient pas entrepreneur parce qu’on veut impressionner ou faire plaisir aux autres ; mais d’abord parce que c’est une responsabilité vis-à-vis de soi-même ; comme manger, ça nous grandit et ça nous réjouit. Car  les bonnes choses, ou le bien, on ne le fait pas d’abord ou seulement en présence des autres, mais d’abord pour soi-même. Et en voie de conséquence, ce que les autres recevront ne sera qu’une extension, une répercussion.

 

Entreprendre c’est donc libérer de l’espace en soi pour plus de créativité encore. En face d’une situation donnée, on regarde. Mais il ne suffit pas de regarder, il faut voir. Beaucoup de gens regardent, mais peu sont ceux qui voient. Après avoir vu ou compris, il faut agir, entreprendre quelque chose. L’action, et encore l’action.

Ce processus à trois étapes est tellement ancré dans la vie et les règles du succès. Il n’est pas étonnant que les Saintes Ecritures disent à cet égard : « Que ce Livre de la Loi (information, connaissance) ne s’éloigne point de ta bouche ; médite-le (réflexion, intelligence) jour et nuit, pour agir (sagesse, mise en pratique) fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras* ».

 

Bon deuxième semestre à vous !

 

*Livre de Josué, chapitre 1er, verset 8.

Quatre conseils cardinaux

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Dans notre dernière publication, nous avions échangé sur la valeur du conseil. Il s’agissait de démontrer que l’expression « conseil gratuit » renvoie en fait à l’idée qui veut qu’un conseil ne soit pas réellement gratuit. Puisqu’il comporte une certaine valeur, il a aussi un prix, il est payant. Et comme un entrepreneur a besoin de conseils pour mener à bien son activité, il peut, pour ses débuts, s’appuyer sur l’expertise des amis ou membres de famille qui peuvent les lui prodiguer à titre gracieux.

Mais, dans la mesure du possible, l’entrepreneur devra s’obliger à récompenser cet apport qu’il reçoit des autres. Ceci peut ne pas se faire nécessairement sous forme monétaire, mais autrement comme avec du crédit de communication/internet, petits cadeaux de reconnaissance. Le double avantage de cette pratique sera que l’entrepreneur apprendra à ne pas prendre à la légère les conseils qu’il reçoit, car c’est une faveur qui lui est accordée, d’une part ; et d’autre part, la personne qui a offert ces conseils se sentira valorisée, et ce qui pourra éveiller en elle la volonté d’entreprendre, pourquoi pas.

C’est intéressant que cette notion de « récompense gratuite » (gratuite dans le sens qu’elle n’est pas forcée ou qu’elle est libre) se traduise en anglais par le mot « gratuity », c.à.d. un pourboire, ou une gratification. Comme qui dirait, « un ‘gratuity’ pour un conseil gratuit ».

 

Les fondamentaux

Voici ce que l’on dit souvent en matière de conseils : il ne faut pas prendre tous les conseils, et il ne faut pas non plus rejeter tous les conseils. Cela exige un certain équilibre et une bonne intuition, car en dernière instance, c’est vous qui prendrez vos décisions et vous devriez les assumer en fin de compte. Vous aurez donc à trier pour ne garder que ce qui vous sera utile.

Pour un entrepreneur, il y a quelques conseils dont il ne peut se passer pour espérer s’en sortir dans son/ses business. Robert Kiyosaki, auteur du célèbre Rich Dad Poor Dad (Père riche père pauvre) en recommande quatre dont il faudra nécessairement se procurer. Il y en a bien sûr plusieurs autres, mais nous allons nous focaliser sur ces quatre-là. Ce sont : la comptabilité, les investissements, le marketing (ou lois des marchés), et la fiscalité (en ce compris le juridique ou le droit des sociétés).

Pour Kiyosaki, la bonne maîtrise de ces quatre domaines, ou l’assistance qu’on en reçoit détermine de ce qu’on appelle l’intelligence financière, qui est une synergie de plusieurs aptitudes et talents. Pour un entrepreneur qui veut aller loin, il a besoin d’obtenir ces expertises et de bien les agencer. Et comme discuté plus haut, il ne s’agit pas, pour un début, d’aller les rechercher dans de grands cabinets. Votre cercle d’amis et connaissances regorge certainement de personnes-ressources plutôt disposées à vous prêter main forte et vous voir réussir.

 

Comptabilité

C’est une compétence de base pour réussir dans son parcours entrepreneurial. La comptabilité vous aide à lire et comprendre vos chiffres. Pour cela, il est fondamental de séparer les avoirs ou la caisse de l’entreprise et celle de l’entrepreneur ; et c’est là que beaucoup de personnes se heurtent.

Vous n’êtes pas obligés d’engager un comptable à temps plein si les moyens ne vous le permettent pas encore. Il vous suffit de tenir un fichier Excel avec vos dépenses journalières, et le moment venu, vous pouvez soumettre ces chiffres auprès d’un expert pour consolidation.

 

Investissements

Cette expertise détermine la destination de vos gains. Comment arriver à construire des actifs plus solides, soit au sein de l’entreprise, soit dans d’autres entreprises du groupe ou ailleurs. L’objectif poursuivi ici est de créer un effet de levier avec les gains générés par votre activité. C’est ici que s’applique le conseil favori du célèbre auteur : ne pas travailler pour l’argent, mais faire que votre argent travaille pour vous.

 

Marketing

C’est la compréhension de la loi des marchés, c.à.d. de l’offre et de la demande. Il est important de comprendre la situation du marché, mais aussi les tendances de celui-ci. Un aspect important du marché est la communication. Comment structurer la communication d’entreprise pour la positionner favorablement sur le marché.

L’aspect marketing ou communicationnel est souvent celui qui est éludé par les jeunes entrepreneurs, qui passent beaucoup de temps à travailler sur leur produit/service, aussi innovant soit-il, mais ils passent à côté de leur clientèle potentielle à cause d’une communication qui ne s’adresse pas à la bonne cible.

 

Fiscalité

Plus que le seul paiement des taxes, il s’agit surtout de comprendre comment tirer le meilleur parti du droit des sociétés. L’arsenal juridique contient parfois des mesures incitatives que l’entrepreneur peut utiliser au bénéfice de son activité. Dans nos pays où le fisc tend à se présenter plus comme une épée de Damoclès que comme partenaire des opérateurs économiques, il sied de mieux se faire accompagner pour épargner son entreprise des sollicitations excessives.

Dites-nous, de ces quatre domaines, quel est celui ou ceux que vous aviez négligés et comment comptez-vous réajuster le tir ?

Conseil gratuit

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Vous avez certainement entendu cette expression, et sûrement l’avez-vous déjà utilisée vous-même. Parlant à quelqu’un à qui vous proposez une piste donnée, vous lui dites : « Cher (chère) ami(e), c’est un conseil gratuit ». Cependant, ce n’est pas parce que votre interlocuteur est libre de l’utiliser ou pas que le conseil est « gratuit ». L’idée qu’il y a véritablement derrière la gratuité du conseil est que, fondamentalement, un conseil n’est pas gratuit. En réalité, vous êtes en train de lui dire : « Mon ami(e), c’est une faveur que je te fais en te montrant cette piste ; en réalité, tu devais me payer pour ça ! ».

Oui, un conseil est normalement payant ; car il a de la valeur. Cette valeur est d’abord fonction de la personne qui prodigue ce conseil, de sa compétence et aussi de son expérience et sa perspicacité. Il est vrai que de nos jours, avec les réseaux sociaux et la liberté d’expression qui va avec, tout le monde ou presque a le droit de donner son avis sur tous les sujets ou presque. Parle-t-on politique ? Tout le monde a son avis. S’agit-il du domaine médical, tout le monde a son mot à dire. Est-ce que c’est le sport ? Chacun devient coach. Est-ce un problème de couples, voici les conseillers conjugaux de tous bords ; et ainsi de suite.

 

Question de qualité

Ainsi donc, au vu du tableau ci-dessus, il faut se méfier de tous les conseils « gratuits » qui circulent à l’air libre. Comme on le dit souvent, si quelque chose est gratuit, eh ben, faites attention, car c’est vous qui risquez d’être la marchandise. Ce n’est pas parce que c’est gratuit qu’il faut se ruer dessus. Quand c’est gratuit, il y a de fortes chances que ce soit de moindre qualité.

Par ailleurs, s’il y a bien un conseil à suivre, c’est qu’il ne faut pas accepter tous les conseils ni non plus rejeter tous les conseils. Vous devrez trier entre tout ce qui est disponible pour en tirer le meilleur parti. Et pour cela, il faut bien des astuces pour mieux s’y prendre. Pour chaque situation, savoir peser le pour et le contre, faire une anticipation sur les conséquences possibles de l’un ou de l’autre choix, et aussi avoir une paix intérieure quant à l’option choisie et surtout l’assumer ; car, même si vous avez des conseillers, la décision finale sera toujours vôtre. 

 

Récompense gratuite

J’ai l’habitude de dire qu’un entrepreneur a une façon de réfléchir qui est différente de monsieur ou madame tout le monde. En d’autres termes, il n’a pas la mentalité de seulement prendre, mais il sait aussi entreprendre (d’où le terme entrepreneur). Entre prendre et entreprendre, son choix est clair 😊. Devant un conseil gratuit, il n’hésitera pas à le prendre, si et seulement si ce dernier répond aux critères. Mais il ne s’arrêtera pas à le prendre ; il ira un cran plus loin. Il voudra aussi récompenser ce conseil car celui-ci lui aura apporté une plus-value.

Il ne s’agit pas ici de payer le conseil reçu, mais plutôt de le récompenser. Je me rappelle une certaine époque où je faisais des traductions juridiques. Le jargon était tellement technique que je n’y comprenais pas grand-chose (saviez-vous que des termes comme ‘exploit’, ‘grosse’… ont des significations loin de ce à quoi vous pouvez penser à priori). Je faisais alors recours à un ami juriste pour qu’il m’aide à comprendre le document et en faciliter la traduction. Cet ami le faisait gratuitement, il me donnait des conseils gratuits. Mais à la fin, lorsque je recevais mes paiements, je m’obligeais à lui donner quelque chose, ou lui acheter du crédit de communication… C’est vrai que ça pouvait le gêner, mais ce qui importait pour moi, c’est que je m’efforçais de reconnaître et de récompenser son apport.

Certaines organisations appliquent également ce principe, à l’exemple de celles qui utilisent des « volontaires ». Ces volontaires offrent gracieusement leur temps et expertise pour une cause donnée. En retour, ils ne recevront pas un salaire. Cependant, les organisations qui les utilisent leur versent quelque chose, non seulement pour leur faciliter le travail, mais c’est surtout une façon d’encourager leur acte volontaire.

 

Eveiller les talents

Avec l’expérience, j’ai remarqué que certains amis que je récompensais ainsi venaient tout à coup à réaliser que leurs connaissances ou compétences pouvaient être commerçables. Et certains se sont lancés dans le « conseil payant » selon leur domaine. Oui, c’est vrai que dans ce cas-là, moi je bénéficie toujours des tarifs préférentiels. Mais au moins, cela aura contribué à éveiller en eux un sens de valeur à partager et à valoriser.

Ce qui se conçoit bien…

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Voilà un adage que beaucoup de gens connaissent très bien : « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément ». Dans notre livraison de ce mois, nous allons porter notre attention sur un mot dudit adage : »conçoit », ou mieux un verbe : « concevoir ». Il est en effet au centre de cette pensée ; les autres aspects (clarté de l’énoncé et facilité d’expression) dépendent de la manière dont se produit cette conception.

J’ai toujours conservé dans mon esprit cette observation que m’avait partagée un jour un partenaire ghanéen. Il me faisait remarquer qu’en termes de capacité de production d’une personne, l’input de l’effort physique est inversement proportionnel à ce que produit sa tête. Parlant de tête justement, et à titre d’exemple, la personne qui utilise sa tête pour soulever des sacs de farine, ou autres, gagnera moins que celle qui l’utilise dans la réflexion.

Il ne s’agit pas ici de minimiser le travail de ceux qui utilisent leur force physique ; la situation que traverse le monde aujourd’hui a poussé tout un chacun à reconsidérer l’échelle des valeurs, et à regarder la vie et les autres autrement. Seulement, la particularité de cette réflexion est qu’elle se rapporte à l’homme-entrepreneur comparé à lui-même. L’entrepreneur est appelé à toujours se remettre en question pour savoir s’il tire le meilleur parti des ressources à sa disposition et surtout de sa personne.

 

L’entrepreneur est en constante évolution. L’entrepreneuriat est en effet un parcours, un voyage. Et dans ce parcours, il est appelé à innover à tout moment pour pourvoir rester dans la course. J’aime bien l’illustration suivante : puisque la terre est toujours en mouvement (rotation autour d’elle-même, et translation autour du soleil), ceux qui s’y trouvent doivent toujours être en mouvement pour maintenir leur équilibre. C’est comme si vous étiez debout à l’arrière, à la carrosserie d’un camion en marche ; vous ne pouvez être en équilibre en restant fixe ; cela demande des ajustements.

En anglais on dit, “what brought you here won’t bring you there”. En d’autres termes, les connaissances qui vont ont permis d’atteindre le niveau que vous avez aujourd’hui, ne seront pas suffisantes pour vous projeter au prochain niveau ; il faut quelque chose de nouveau, il faut se réinventer. Et c’est là que la conception entre en jeu.

L’un des pièges que l’entrepreneur devra éviter, c’est celui de se fier à sa seule intelligence. Quoique l’intelligence soit une bonne chose, elle a bien ses limites. Certes, elle encadre notre quête de solutions nouvelles, et nous aide à matérialiser les découvertes qui en découlent. Le savant grec Archimède en avait fait l’expérience lorsqu’il lâcha le célèbre EUREKA ! C’est de cela dont nous parlons ici, un input extérieur à nous-même, qui combiné à ce que nous connaissons déjà, produit une autre dimension de productivité. Selon une autre définition, c’est une connaissance spontanée de la vérité, sans l’intervention du raisonnement (ou de l’intelligence).

Le mois écoulé, nous avons célébré la femme (ou mieux les droits de la femme), avec un appel ou un plaidoyer à plus de son implication dans le processus de la construction de la société (voir l’article conjuguer le développement au féminin). Dans le domaine de la conception, qui mieux que la femme peut en comprendre les contours et le vécu. Le processus de conception qui se passe chez elle peut bien illustrer le fond de cette publication.

Une femme ne devient pas enceinte parce qu’elle est intelligente ou parce qu’elle est bien constituée physiquement ou biologiquement. Un bon état physique et une dose d’intelligence sont sûrement des facteurs qui l’aideront à bien porter la grossesse, mais cette dernière est le fruit d’un dépôt de quelque chose (d’un apport extérieur, une semence) qui lui est extérieur. C’est quelque chose qu’elle reçoit. Tout ce qu’elle peut faire, c’est de se mettre dans les conditions pour recevoir (relation, intimité). Un bon physique et l’intelligence constituent la condition nécessaire, mais c’est le dépôt extérieur qui est la condition suffisante. Et le fruit de ce processus est quelque chose d’unique, de non-imitable.

De même, un entrepreneur est appelé d’une part à se former, s’informer et se structurer, mais plus important encore, il se doit, s’il veut aller loin et être en constante évolution, se mettre dans de bonnes conditions pour capter ce qui fera de lui quelqu’un toujours en avance sur la concurrence.

Quoi de mieux, en cette période spéciale de confinement, que de tirer parti de cette situation tant unique qu’insolite, en se mettant dans des conditions propices pour recevoir et concevoir !

Joyeuse saison pascale !