Bancarisation des idées

Évangile de Saint Matthieu au chapitre 25, versets 14 à 30. L’évangéliste nous rapporte l’un des récits les plus connus da la Bonne Nouvelle. Il s’agit de la Parabole des Talents. Le Christ raconte l’histoire d’un patron qui, avant de s’en aller dans un long voyage, remet un capital à ses trois employés, chacun selon sa capacité. Le premier reçoit cinq talents, le deuxième en reçoit deux et le troisième un.

Dès son départ, les deux premiers se mettent au travail et fructifient leur capital jusqu’à le multiplier par deux. Mais le troisième agent prend une toute autre décision, et une mauvaise : il décide d’aller enterrer son talent. Au retour du patron, celui-ci congratule les deux premiers pour leur comportement industrieux et leur donne à chacun une promotion. Quant au troisième, il est sévèrement réprimandé par son patron pour sa fainéantise, licencié avec effet immédiat et privé de toutes indemnités de sortie, lesquelles sont redistribuées en prime au Most Valuable Performer (MVP) ou travailleur le plus performant.

Une des leçons les plus poignantes de ce récit se trouve dans les reproches faites par le patron à l’agent 003. Écoutez ce que lui dit son chef : « Mauvais employé, paresseux ! … Tu aurais dû placer mon argent à la banque et, à mon retour, j’aurais retiré mon capital avec les intérêts. »

Tout part d’une idée

Les entrepreneurs et promoteurs de projet travaillent toujours à partir d’une idée. Parfois c’est une innovation, parfois une amélioration ou une adaptation. Et puis ils se lancent dans le monde des affaires ; certains d’abord dans la planification, d’autres directement dans l’action. Mais il y en a d’autres qui n’en restent qu’à l’étape d’idées, sans pouvoir vraiment se lancer un jour.

Aujourd’hui, il y a de plus en plus des incubateurs et accélérateurs de projets. Pour la plupart, ils servent de première base-arrière aux entrepreneurs en formation. Il y a également des programmes de premier financement qui accordent une enveloppe pour permettre aux projets de démarrer, soit à titre philanthropique ou même participatif (c.à.d. en obtenant des actions dans la nouvelle entreprise). Il y a aussi les banques qui accordent des prêts (crédits) aux promoteurs.

Cependant, quelle que soit la forme que prendra le financement, il se fait normalement sur une base économiquement viable. C.à.d., le promoteur doit prouver, de manière vérifiable et contradictoire (au sens juridique du terme), que son projet ou son idée peut tenir le cap et se développer si des capitaux y sont injectés.

Savoir transformer

Maintenant, il ne suffit pas d’avoir une idée. Et d’ailleurs, vous noterez qu’il n’y a personne qui invente une idée. Les idées sont comme des concepts qui se déplacent dans l’air et qui se posent sur les hommes au gré de leurs capacités de perception.

Une idée ainsi reçue est comme un talent qui vous est confié. A la lumière du récit de la parabole évoquée ci-haut, vous avez la responsabilité de pouvoir la fructifier. Ou sinon, et à la limite, c.à.d. à défaut de la fructifier, l’on attend de vous que vous puissiez ne fut-ce que la déposer dans une banque pour qu’elle produise des intérêts.

Vous pouvez poser la question : « Comment déposer une idée dans une banque pour qu’elle produise des intérêts ? » Mais avant même de penser aux intérêts, l’autre question est : « Comment faire en sorte que la banque reçoive votre idée ? »

C’est ici qu’intervient la notion de business plan.

Entreprise vs Entrepreneur

Une des exigences de l’entrepreneuriat, c’est la démarcation entre la personne de l’entrepreneur et son entreprise. Et monter son business plan est une expression réelle de cette volonté. En établissant un business plan, l’entrepreneur est passé comme par une sorte d’accouchement. Il a libéré toute la pensée qu’il y avait en lui autour du projet, son originalité et son bien-fondé, sa compréhension, ses contours, ses différences et particularités, son marché, ses forces, faiblesses, opportunités et menaces (FFOM/SWOT), et autres aspects pertinents, notamment l’organisation de l’entreprise.

Un Business plan ou plan d’affaires permet de calculer la dépense, c.à.d. évaluer les besoins financiers du projet et comment ceux-ci seront déclinés sous différentes formes (financements, flux de trésorerie, prévisions annuelles, amortissements…).

Une fois ceci fait, ce projet ainsi ficelé peut être compris et même opérationnalisé par des personnes autres que le promoteur. Certains trouvent que c’est un risque, car ils peuvent se faire voler leur idée. Mais ceci n’est pas totalement vrai, car il y a également moyen de s’en prémunir, notamment grâce à des mécanismes juridiques établis de protection de la propriété intellectuelle.

Ce processus est capital et fondamental, car il vous permet d’évaluer la valeur (permettez la tautologie) de votre idée. En déterminant même d’une manière estimative les besoins de financement de votre projet, vous saurez combien vous pouvez rechercher auprès des sources externes prochaines (familles, amis) ou lointaines (banques, investisseurs, capitaux participatifs).

 

Passer par tout ceci est la première étape et constitue la moindre des actions qu’une personne peut entreprendre lorsqu’elle reçoit une idée, qui est en elle-même une véritable richesse, une mine, un talent, un potentiel.

C’est avec raison que l’on dit : « Une idée, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration ».

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