La rentrée scolaire n’est pas encore loin derrière nous. Il y a deux semaines les bleus et blancs (couleur des uniformes en RDC) reprenaient le chemin de l’école, après deux mois de vacances. Dans notre article précédent, nous avions réfléchi sur les contours de cette rentrée, et comment nous pouvons capitaliser et tirer meilleur parti de cette période stratégique de l’année.

Cette semaine, je participai à une réunion de prise de contact entre les parents d’élèves et les enseignants des classes respectives des enfants. Une remarque soulevée par un parent lors de la séance de questions-réponses m’a poussé à cette réflexion. Celui-ci exhortait les enseignants à davantage de conscience et de responsabilité, vu que c’est eux, les enseignants, qui passent avec nos enfants le plus clair de leur temps.

Les enseignants restent au moins 6 heures de la journée avec les enfants. Certains parents voient les enfants pendant plus ou moins 1 heure le matin. Ils les reverront encore peut-être une autre heure le soir, après un retour tardif à la maison, une journée chargée et de longues minutes dans les embouteillages. Sinon, les enfants seront déjà endormis. A demain matin !

 

Valeur de l’éducation

Si effectivement les parents consentent tout ce sacrifice, c’est à cause de la valeur que revêt l’éducation. Barack Obama aurait dit : « Si vous pensez que l’éducation est chère, essayez donc la non-éducation ». Le niveau qu’atteint une société est révélateur de la qualité de son éducation. Et si vous voulez détruire une société, vous n’avez qu’à mettre son éducation à genoux.

Mais est-ce qu’il suffit que nos enfants aillent à l’école pour être sûr qu’ils réussiront dans la vie ? L’instruction qu’ils y reçoivent est-elle la seule chose dont nous pouvons être fiers à leur égard en tant que parents ou responsables ? En fait, c’est à la famille que revient la responsabilité de l’éducation des enfants. L’école, quant à elle, n’est chargée « que » de l’instruction, même si heureusement certaines écoles essaient de faire plus.

Il se peut peut-être que nous attendons de l’école qu’elle fasse ce dont elle n’a ni la vocation et ni les moyens. Suffit-il seulement de se réjouir quand nos enfants ont bien travaillé ou alors se fâcher et même les punir parce qu’ils ont échoué ? La réussite ou l’échec scolaire, sont-ils les seuls paramètres de l’évaluation de nos enfants ? Sont-ils les seuls nous permettant d’entrevoir le potentiel de leur devenir ?

 

Une autre voie

Sans minimiser l’importance de l’école, mais aussi sans nous décharger complètement de nos responsabilités dans la formation de la prochaine génération, il est crucial pour nous en tant que parents de savoir que la plus grande part du devenir des enfants dépend de ce que nous, et non l’école, aurons apporté comme inputs dans leur vie.

Déjà que ici comme ailleurs, il y a des voies qui se lèvent pour questionner la pertinence du système éducatif et son (in)adéquation par rapport aux besoins de la société. A défaut de pouvoir reformer l’enseignement, nous avons la possibilité, à notre niveau, de façonner une génération plus entreprenante.

Qu’un enfant ait réussi ou échoué en classe ne devrait pas être le seul sujet de notre fierté ou regret/colère. La question est, est-ce que nous avons, nous, découvert le potentiel de cet enfant, et lui apportons l’encadrement nécessaire à son épanouissement ? Certaines écoles ont une meilleure approche : elles ont ajouté des activités parascolaires aux activités classiques. Qui sait, un enfant pourrait y découvrir sa raison de vivre et de travailler.

Tout ce que l’école fait pour les enfants, c’est leur apporter un cadre et des connaissances qui leur serviront d’exprimer ce qu’ils sont intrinsèquement, au fond d’eux-mêmes. Tous ceux qui ont marqué l’histoire du monde et de leurs milieux n’ont pas toujours été des meilleurs à l’école. Parfois, l’école peut même, si on n’y prend garde, inhiber l’appel intérieur que ressent l’enfant, au motif de l’uniformité et de la conformité.

Il appartient donc à nous parents, en plus de les déposer à l’école, de travailler avec eux pour les aider à ne pas être ou faire comme tout le monde, mais à rechercher et découvrir leur chemin.

Je me rappelle avoir eu mes hauts et mes bas à l’école, mais ce qui m’aide à évoluer aujourd’hui dans la vie n’est pas du tout les diplômes que j’y ai obtenus. Par contre, l’intérêt pour les langues tiré de mon père et le sens du business hérité de ma mère, couplés aux connaissances scolaires m’ont permis de tisser ma voie.

Et vous, quelle approche avez-vous des études ? Vos commentaires sont les bienvenus.