Entrepreneuriat et force de caractère (2)

By novembre 14, 2018Publications

« La compétence ne se substitue pas au caractère. Le développement du leadership c’est d’ETRE avant même de commencer à FAIRE ». Cette affirmation sur les capacités du leadership s’applique aussi bien aux entrepreneurs. De nos jours, lorsqu’on parle de l’entrepreneuriat, un fort accent est mis sur la créativité, la brillance des idées, la vivacité de la jeunesse, l’expérience de vieux briscards, et toutes ces bonnes choses qui font recette.

Mais il est impérieux de s’assurer qu’avant tout, les bons fondements soient posés. Quelle que soit la beauté d’un édifice, sa résistance se trouve ailleurs que dans son éclat. Il faut scruter la robustesse de sa fondation, et la bonne qualité du matériau qui constitue l’ensemble du bâtiment. Si la compétence est souvent une chose acquise, le caractère est l’essence même de l’entrepreneur.

La bonne nouvelle est que même le caractère se travaille. Il y a certes des gens qui se cachent derrière un certain masque pour dire que leurs tares caractérielles sont irrémédiables. « Je suis comme ça ; j’ai toujours été comme ça », affirment-ils, comme pour dire que c’est sans espoir. Mais il y a plein d’exemples de gens qui ont été en mesure de travailler suffisamment leur personnalité pour se mettre au diapason de ce qu’exige leur vie en tant qu’entrepreneur.

 

Redevabilité

C’est un autre terme pour désigner la transparence, ou la responsabilité de rendre des comptes. L’un des premiers actes de la vie d’entrepreneur consiste à établir une séparation claire entre sa propre personne et l’entreprise. Si le promoteur ou la promotrice dispose d’une personnalité physique, l’entreprise quant à elle dispose d’une personnalité morale. C’est une entité à part entière, même si elle porte le même nom que son créateur.

Lorsque j’observe les gens engagés dans divers types d’activités dans nos villes, je suis en réalité émerveillé par cette très forte capacité de débrouillardise et de créativité qui s’en dégage. Que ce soit par mission, vision, ou tout simplement parce qu’il faut survivre, nos rues et marchés bruissent d’activités en tout genre et par tous les âges. C’est tout simplement fascinant !

Mais au-delà de toutes ces énergies mises en branle pour travailler, un autre plus grand effort devra être consenti pour sortir du lot et aller plus loin que la simple survie. Et ceci exige de se surpasser, de développer un sens de privation, d’abnégation, du report de la satisfaction instantanée. Ceci demande tout simplement du caractère.

 

Vision de loin

Quand vous avez une vision claire de là où vous allez, cela vous rend capable de supporter les difficultés et les incompréhensions du moment. Mais il ne suffit pas que d’avoir cette vision ; il est également important de pouvoir la partager avec votre équipe ou vos collaborateurs. En ce faisant, vous leur permettrez aussi d’avoir une plus large perspective des évènements actuels.

Bien souvent, les entrepreneurs sont des gens qui sont en avance sur leur temps. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils viennent avec des idées, des produits ou services encore inconnus. Mais bien souvent aussi, cela leur cause beaucoup d’incompréhensions de la part soit de leurs équipes, de leurs partenaires financiers ou autres.

On raconte une anecdote à propos du célèbre Walt Disney. Lorsqu’il amenait une idée à son équipe et que cette dernière l’adoptait, il la déclassait directement ; au grand étonnement des autres. Disney ne lançait un projet que si celui-ci suscitait des doutes, des interrogations ou même l’incrédulité de ses agents.

Lorsque l’entrepreneur vit en avance par rapport à ses contemporains, il lui faut beaucoup de force intérieure pour continuer à croire en lui-même et en la pertinence de sa démarche. Une fois le cap fixé sur ce qu’il croit avoir reçu dans son esprit, il lui sera nécessaire de savoir faire preuve de ténacité et de détermination pour ne pas renoncer, mais aussi de pédagogie et de patience pour ceux avec qui ils travaillent, jusqu’à ce qu’ils comprennent où il les amène.

 

Question de choix

Etre tenté de faire une mauvaise chose ne signifie pas que vous allez la faire forcément, ni que vous êtes mauvais, du fait d’avoir eu cette pensée. A tout moment, nous sommes sollicités par tout un tas de propositions, tant de bonnes que de moins bonnes ou de mauvaises carrément. Mais au moins, il nous appartient de pouvoir d’avance disposer des valeurs sur la base desquelles nous prendrons nos décisions.

Etre avant de faire. Etant êtres humains, nous sommes perfectibles. En anglais, « être humain » se dit « human being ». Le « being » démontre d’un processus continuel de transformation, un devenir, qui n’est pas censé s’arrêter, jusqu’à la fin.

Leave a Reply