La politique de ses moyens ou les moyens de sa politique

La vie d’un entrepreneur, comme celle de tout le monde, est une vie de hauts et de bas. Au regard surtout des conditions dans lesquelles la plupart de gens se lancent et opèrent, c’est un parcours non facile à naviguer : le manque de financements, le défi énergétique, le climat des affaires, les impôts, les retards de paiements, la concurrence (parfois déloyale)… Et que dire des défis intérieurs, des doutes ou du découragement…

Mais lorsque surviennent des moments difficiles sur le marché, la survie de l’entreprise dépendra le plus de la manière dont l’entrepreneur décidera d’y faire face, plutôt que des seules forces ou contraintes auxquelles celui-ci et son entité sont exposés. Et si l’on peut être sûr d’une chose, c’est que les temps durs viendront. Il n’est pas question de si, mais de quand.

Lorsqu’on est confronté aux aléas du business, et que les affaires ne tournent pas comme à l’accoutumée, le premier réflexe pour toute personne est celui de commencer à faire des coupes. Ce qui est tout à fait normal, car parfois on se rend compte qu’il y avait d’autres dépenses plutôt superflues dont on pouvait se passer.

Néanmoins, en se focalisant sur la seule option de diminuer les dépenses pour rester à flot, on adopte, sans peut-être le réaliser, une stratégie plutôt défensive. Les amateurs et professionnels du ballon rond le savent bien : jouer à la défensive est un risque. Marquer le plus de buts que l’adversaire est le meilleur moyen d’assurer la victoire.

 

Refaire beaucoup avec peu

Dans le business, on vise à toujours créer de la valeur, pour les autres, et par ricochet pour soi-même, par la contrepartie reçue en compensation des biens ou services vendus. Et lorsque les choses vont mal, il est primordial de préserver cette vision. Comment remonter la pente avec le peu que l’on a à disposition ? Ceci est l’approche de se donner « les moyens de sa politique ». On vise un résultat donné, et on cherche comment y arriver.

Autrement, en voulant faire « la politique de ses moyens », on se prive d’un exercice mental autant utile que salvateur pour son entreprise. Le mental, plus que les ressources, est l’un des meilleurs atouts dont dispose un entrepreneur pour surmonter les vicissitudes liées à l’exercice des affaires. N’est-ce pas qu’il y a des gens qui ont bâti des entreprises prospères à partant de seulement une idée ? Et donc, on peut aussi se relancer avec un bon moral en place.

En se posant les bonnes questions, en faisant un bon inventaire de ce dont on dispose, on arrivera certainement à déceler un filon jusque-là inexploité. Robert Kiyosaki de Rich Dad Poor Dad a souvent dit que la différence entre ceux qui échouent et ceux qui réussissent réside dans leur approche par rapport à une même chose. Entre « Je ne peux pas me le permettre » et « Comment puis-je me le permettre ? », il y a toute un écart du mode de pensées.

Les deux affirmations ci-dessus sont celles de deux personnes avec pas ou peu de ressources pour se procurer un objet voulu. Pour le premier, il ne peut (plus) rien faire, il se dit qu’il n’a pas les moyens, il laisse tomber les bras. Il a décidé de vivre selon ce que ses moyens lui dictent. Il fera la politique de ses moyens.

L’autre par contre, dans cette même situation de ressources insuffisantes, choisit de regarder au problème sous différentes perspectives. Qu’est-ce qu’il a sous la main ? Comment peut-il s’y prendre pour générer de la valeur et arriver à obtenir l’objet désiré ? Comment peut-il se donner les moyens de sa politique ?

 

Quel est le but ?

Quoiqu’il ne soit pas mauvais de réduire ses dépenses en temps de vaches maigres, il est cependant inefficace de ne le faire que pour le seul objectif de s’éviter la chute. Ça ne serait en fait que retarder les échéances. Le but visé par les coupes devra être non celui d’éviter une éventualité, mais plutôt celui d’atteindre un objectif.

Lorsqu’on démarre un véhicule par exemple, on remarque que si la radio était allumée, elle se coupe un temps lors du démarrage, et reprend juste après celui-ci. De même les phares aussi ; s’ils étaient allumés, leur luminosité diminue le temps du démarrage. Cette réduction des charges électriques de la voiture ne se fait pas pour éviter une décharge de la batterie, mais plutôt pour donner au moteur toute l’énergie requise pour son allumage.

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